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Casamance / Sénégal: Université Cheikh Anta Diop de Dakar, journée d’intégration de l’amicale des étudiants ressortissants du lycée Djignabo de Ziguinchor.

Casamance / Sénégal: Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  journée d’intégration de l’amicale des étudiants ressortissants du lycée Djignabo de Ziguinchor.

Première journée d’intégration des étudiants ressortissants du lycée Djignabo de Ziguinchor régulièrement inscrits à l’université Cheik Anta Diop de Dakar. Le Président, Christian Coly se dit, « satisfait de voir cette communauté se réunir au sein de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar pour résoudre en premier, la lancinante question de l’intégration des nouveaux bacheliers devant aboutir à la mise en place d’un cadre favorable à la concrétisation de deux objectifs majeurs, à savoir : le succès dans les études et l’épanouissement au sein de l’espace universitaire. Il poursuit en soutenant, que ce sera aussi l’occasion de renouer avec l’histoire véritable de la Casamance lors du débat dont le thème est : Rôle de l’étudiant dans la résolution de la crise en Casamance, qui d’ailleurs sera animé par le Président du Kékendo, Monsieur Baboucar Badji avec la présence de radio Tendouck Fm ».

Baboucar Badji, toujours engagé au côté de la communauté estudiantine, et prompt à répondre aux attentes de ses frères et sœurs de Casamance, gratifia les étudiants venus nombreux répondre à cette appel solennelle, d’une première présentation du système LMD. L’importance de cette présentation entre dans la logique de mieux outiller les nouveaux bacheliers en ce qui concerne le système de formation et d’évaluation en vigueur dans nos universités depuis 2011 avec :

La Licence, découpée en 6 semestres qui valent chacun 30 crédits et est validée par 180 crédits correspondant à 03 années d’études au moins après le baccalauréat. Elle peut être générale ou professionnelle, le Master, organisé en 4 semestres et est validé par 120 crédits après la Licence. Il totalise 300 crédits, soit 5 années d’études au moins après le baccalauréat. Il peut être professionnel avec des possibilités de passerelles et enfin le Doctorat qui est validé par 180 crédits après le Master, soit au total 480 crédits. A la fin de cette première présentation, il revient sur les manquements du système LMD à savoir : la formation des enseignants en pédagogie universitaires, la constitution d’une équipe, pédagogique soudée avec des méthodes et des objectifs communs, l’acquisition d’innovations techniques et pédagogiques etc.

L’après-midi avec la présence de la Marraine, Madame Ndéye Ndiaye Atlanta, accompagnée d’une forte délégation, le débat fut lancé sur le rôle de l’étudiant dans la résolution de la crise en Casamance. A cette occasion, une minute de silence a été observé en la mémoire de toutes les victimes directes ou indirectes du conflit en Casamance.

A l’entame de son propos, dans une salle remplie de près de 300 étudiants avec un silence de cathédral, Monsieur Baboucar Badji, plongea l’assistance dans le contexte de la décolonisation avec la tenue en 1946 de la conférence de Bamako, convoquée par Houphouët Boigny, dont le débat devrait tourner autour du cadre d’indépendance en Afrique de l’ouest (fédération, confédération, Etats séparés). L’absence des leaders sénégalais poussa les participants à statuer sur la mise en place du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) avec la décision pour chaque leader, de retour chez lui et de mettre en place un mouvement devant conduire l’indépendance de son territoire. C’est ainsi que le 04 Mars 1947, le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) sera mis sur pied avec comme ambition, de mener le territoire de la Casamance à l’indépendance.

Il souligna l’invitation lancée par le député Sénégalais, Léopold Sédar Senghor à Victor Sihumehemba Diatta (leader du MFDC) pour un compagnonnage au sein de la SFIO et de mener ensemble un projet commun de lutte pour l’indépendance. Cette invitation fut rejetée par le leader de la Casamance car, le territoire de Casamance avait déjà décidé d’aller seul à l’indépendance par respect du principe de la conférence de Bamako. La mort de Victor fut fatale à la Casamance car la deuxième tentative de rapprochement de Senghor avec la mise en place du BDS en 1948 lui réussit bien:

04 avril 1959, entente tripartite pour la mise en place de la fédération du Mali avec la Casamance, le Sénégal et le Mali.

08 mai 1960 conférence de Bamako, consommation par les trois parties contractante du cadre de fédération que le Mali quittera d’ailleurs le 20 aout 1960.

Fait majeur de cette phase, rencontre de Rufisque, enrôlement des leaders Casamançais pour une poursuite de ce compagnonnage. Senghor, en Mars 1962 demanda à son Ministre de l’intérieur, Waldiodio Ndiaye de diviser la Casamance en deux. Région de Casamance avec Capitale Ziguinchor et Région du Sénégal Oriental avec Capitale Tambacounda. Année 1970, mort inexpliquée des leaders du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Edouard Diatta 1971, Ibou Diallo 1971, Emile Badiane 1972).

Pour échapper à cette logique de domination, certains ont même préférés taire leurs ambitions pour s’allier avec Senghor qui en 1978, lors d’une tournée politique à Sédhiou, n’hésita pas à fixer « Casamançais, si vous voulez l’indépendance votez PS ». A ces vérités historiques s’ajoutent les propos de Mamadou Dia, président du conseil dès les premières heures de l’indépendance tripartite soutenant : « le problème Casamançais est un vieux problème. C’est pourquoi, mon gouvernement avait fait de l’intégration de la Casamance dans l’ensemble Sénégalais la priorité. Un plan intérimaire avait été conçu pour résorber les tendances séparatistes décelables dès l’époque, car il faut le reconnaitre et le dire, le colonisateur n’avait pas intégré la Casamance dans le Sénégal. Après décembre 1962, ce plan a été abandonné et nous vivons aujourd’hui, les tragiques conséquences de cet abandon ».

La spoliation des terres en Casamance fut abordée dans le contexte de la sécheresse qui poussait les populations du nord du Sénégal à venir envahir les terres du pays des rizières du sud avec la complicité des autorités administratifs qui étaient tous des Sénégalais.

Le conférencier fera part aux étudiants présents des lettres d’avertissement de l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor adressées au président Senghor et Diouf avant d’aborder la marche pacifique des populations de Casamance (toutes ethnies confondus) le 26 décembre 1982 à Ziguinchor. Elément déclencheur de ce conflit en Casamance, elle fut pacifique mais avec une forte répression et des arrestations de la part des forces de l’ordre.

Cependant malgré la multitude des propos sur le mot d’ordre de la marche, la séparation d’avec le Sénégal, reste le maitre mot et cela jusqu’à nos jour.

L’occasion fut grande pour le président du Kekendo, car il a eu à mener des missions avec ses camarades étudiants au cœur du Maquis pour s’enquérir de la situation de conflit version MFDC pour venir partager avec ceux qui le souhaitent bien évidemment. Et comme les étudiants ressortissants du lycée Djignabo le veulent bien, ils ont été servis avec une attention particulière.

Parlant du Maquis, il souligna avec certitude l’engagement de ce dernier à aller vers l’unité des frères d’armes. Les appels des participants qui ont écouté tout le débat provenaient en majorité de la Diaspora Casamançaise établie en Europe et au Canada. Leurs contributions vont dans le sens d’inviter la jeunesse à s’assumer et à s’engager pour le bien de la Casamance en réussissant d’abord les études et en s’investissant sans relâche pour leur terre natale aujourd’hui abusée par les hommes politiques Sénégalais.

Baboucar Badji de soutenir en fin de débat que, «  pour mieux définir le rôle de l’étudiant dans la résolution définitive de la crise en Casamance, il faudra nécessairement passer par une imprégnation de cette jeunesse sur les réalités de l’histoire véritable de la Casamance, le vécu des hommes « Atika » qui aujourd’hui sont résolument engagés pour donner à la Casamance la place qu’elle mérite mais aussi l’impartialité de la jeunesse par rapport aux deux belligérants ». C’est d’ailleurs le chantier dans lequel, le Kekendo s’est lancé car aujourd’hui, 33 années de conflit ça suffit. Assises intra MFDC, entente entre maquisards, définition d’une voie sure, pour parler avec l’Etat du Sénégal et la jeunesse au cœur de cette action.

La rencontre prit fin avec un échange fructueux entre étudiants mais aussi avec les Casamançais de la diaspora facilité par la radio Tendouck FM.

Baba

Commentaires (5)

  • attika1982

    Oui CANADA, Merci pour le lien c’est clair ! l’histoire est cruelle surtout quand elle défait les mensonges étatiques.

  • CANADA

    Je vous partage un lien Wikipedia qui dit clairement que les leaders politiques sénégalais n’était pas présents au congrés de Bamako tenu du 18 au 21 octobre 1946 et qui donnera par la suite la création du MFDC le 04 mars 1947.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Rassemblement_d%C3%A9mocratique_africain

  • alinou

    Bravo 👏 KEKENDO pour ce travail admirable que vous faites.
    La CASAMANCE est très fière de VOUS.
    Comme l’a dit CANADA 🍁, vous êtes l’ avenir et l’espoir du
    PAYS
    . Vous cette jeunesse avertie, très intelligente,qui fait
    Sans complexe d’infériorité mal placé, cette noble sensibilisation
    Sur ce problème qui Nous concerne et nous interpelle tous.
    Vous sensibilisez pas seulement les camarades, mais aussi les
    Parents et « cadres très complexés » sans se laisser intimider.
    Mes respects à VOUS que DIEU vous protège et bénisse pour
    Tout ce que vous faites pour la CASAMANCE.

    Vive lutte de libération
    Vive Kékendo
    Vive le JDP
    Vive la CASAMANCE libre et libérée.

  • CANADA

    La jeunesse casamançaise est porteuse d’ESPOIR. Vous faite l’admiration de tout un peuple longtemps abusé et qui voit en sa jeunesse éveillée un grand espoir pour des lendemains meilleurs. Notre histoire nous a été volée dans le simple but de nous vider de tout contenu afin de faciliter notre assimilation sénégalaise : « nous sommes endormis Casamançais et nous nous sommes réveillés Sénégalais ». Cette machination montée de toute pièce a fait son lot de mal dans les esprits de bien des casamançais qui, aujourd’hui représentent nos populations dans les différentes instances sénégalaises. Comment peut-on dignement représenter la Casamance si l’on ignore sa propre identité? C’est de la haute trahison intellectuelle envers soi-même et envers sa communauté casamançaise. Voila un crime aussi abominable qu’un génocide, car une être humain vide de contenu est sans repère et dépourvu de sens tout comme un animal égaré.

    Certes, le Sénégal nous a caché notre identité, mais nous jeunesse casamançaise, nous avons aujourd’hui les moyens d’information qui nous permettront de retrouver notre identité et notre histoire volée. C’est un combat qu’il faut gagner, car il va de la survie de nos peuples casamançais.

    Je salue l’engagement de KEKENDO et de toute la jeunesse casamançaise au sauvé de votre peuple.

    Vive la Casamance LIBRE!!!

  • Zeus

    Chaque Casamançais doit se sentir concerné par la situation en Casamance. Merci KEKENDO et RADIO TENDOUK pour faire passer le message.
    Vive la Casamance libre

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