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Afrique de l’Ouest : ACLED signale une expansion des violences jihadistes vers les pays côtiers

Afrique de l’Ouest : ACLED signale une expansion des violences jihadistes vers les pays côtiers

Les violences impliquant des groupes jihadistes se sont étendues en 2025 du Sahel vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, notamment le Bénin, qui a enregistré son année la plus meurtrière, a indiqué jeudi l’organisme de suivi des conflits ACLED dans son rapport annuel.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont confrontés depuis une décennie aux attaques de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Les trois pays, dirigés par des juntes militaires issues de coups d’État, ont rompu leur coopération militaire avec la France et développé de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie.

Dans son analyse des dynamiques de conflit à surveiller en 2026, ACLED évoque la « consolidation d’un nouveau front » dans les zones frontalières du Bénin, du Niger et du Nigeria, désormais considérées comme un espace stratégique pour les groupes sahéliens et nigérians.

Selon l’ONG, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et l’État islamique au Sahel (EIS) ont renforcé leur présence dans cette zone en 2025, en faisant un « point névralgique » du conflit. ACLED observe également une convergence accrue entre les réseaux jihadistes sahéliens et nigérians, entraînant une interconnexion croissante des zones de violence du Mali jusqu’au nord-ouest du Nigeria.

Le nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso, du Niger et du Nigeria, a enregistré en 2025 une hausse d’environ 70 % des décès liés au conflit par rapport à la même période de 2024. Cette zone, comprenant notamment la région des parcs sous le fleuve Niger, est décrite par une source militaire occidentale comme un corridor important pour les mouvements logistiques des groupes armés.

ACLED estime que les violences jihadistes ont causé plus de 10.000 morts au Burkina Faso, au Mali et au Niger en 2025, un chiffre comparable à l’année précédente, mais constate une intensification des opérations armées.

Au Mali, le JNIM a imposé à partir de septembre un blocus économique en visant des convois de carburant. L’ONG rapporte une hausse des violences dans les régions de Kayes, Sikasso et Ségou, atteignant leurs plus hauts niveaux mensuels depuis le début des enregistrements en 1997. ACLED note par ailleurs une augmentation des enlèvements d’étrangers attribués au JNIM et à l’EIS, avec 22 cas recensés au Mali et 8 au Niger en 2025.

Saliou Cissé

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