Contribution: Lettre ouverte : La liberté de la presse au Sénégal en péril face à la censure en Casamance (Mamadou Lamine Cissoko)
À l’attention des autorités sénégalaises, des organisations internationales de défense des droits humains et de la communauté mondiale des journalistes
En tant que journaliste et fervent défenseur de la liberté de la presse, je m’adresse à vous avec indignation et gravité face aux récents événements survenus au Sénégal, qui témoignent d’une politique systématique de verrouillage de l’information en Casamance. Les incidents impliquant l’expulsion d’une équipe de l’Agence France-Presse (AFP) le 11 juillet 2025 à Ziguinchor et l’interpellation brutale d’une équipe d’Al Jazeera le 13 avril 2025 à Cap Skirring ne sont pas de simples dérapages. Ils révèlent une volonté délibérée de museler la presse et de priver le peuple casamançais, ainsi que le monde entier, du droit fondamental à l’information.
Une répression ciblée contre les journalistes
Le 11 juillet 2025, une équipe de l’AFP, basée à Dakar et en mission à Ziguinchor en Casamance, a été contrainte de quitter la ville sous prétexte d’une absence d’autorisation pour couvrir les conséquences du conflit en Casamance. Leur matériel audiovisuel a été confisqué, annihilant leur capacité à documenter les réalités en Casamance, y compris la capture d’un officier sénégalais par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Quelques mois plus tôt, le 13 avril 2025, Nicolas Haque et Magali Rochat, d’Al Jazeera, ont été interpellés à l’aéroport de Cap Skirring, interrogés comme des criminels, privés de leur matériel et expulsés vers Dakar. Leur tort ? Vouloir donner la parole aux déplacés de guerre, ces oubliés d’un conflit qui dure depuis plus de 43 ans.
Ces actes s’ajoutent à la condamnation à perpétuité du journaliste d’investigation René Capain Bassène, dont le seul crime est d’avoir enquêté sur la corruption et les « messieurs Casamance » qui prospèrent sur l’économie de guerre.
Le livre « l’idée de la Casamance autonome » de la française Séverine Awenengo Dalberto, apparu en 2024, est purement et simplement censuré et interdit de vente par les autorités sénégalaises.
Cette répression systématique constitue une atteinte directe à la liberté de la presse et à la dignité du peuple casamançais, dont les voix sont étouffées.
Une question cruciale : que cache le Sénégal ?
La Casamance, rappelons-le, territoire autonome pendant l’administration coloniale française, est maintenue dans l’ombre par un contrôle strict de l’information. Pourquoi les autorités sénégalaises empêchent-elles les médias internationaux d’enquêter sur les conséquences du conflit, le retour des déplacés ou les tensions persistantes avec le MFDC ? Que cherche à dissimuler le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko ? Est-ce pour masquer les échecs liés à l’accord de paix signé à Bissau en février 2025, qui semble loin d’entamer la détermination des indépendantistes ? Ou pour cacher des exactions, des échecs militaires ou des injustices structurelles, comme la spoliation foncière dénoncée par les populations locales ?
Un appel urgent à l’action
Le Sénégal, n’est plus modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, les valeurs d’ouverture et de tolérance surtout en Casamance sont inexistantes. Je demande :
1. La restitution immédiate du matériel confisqué aux équipes de l’AFP et d’Al Jazeera, accompagnée d’une enquête transparente sur ces incidents.
2. La levée des restrictions sur l’accès des médias à la Casamance, pour permettre un journalisme libre et indépendant.
3. La libération immédiate de René Capain Bassène et l’abandon des charges contre lui.
4. Un engagement public des autorités sénégalaises à garantir la liberté de la presse, conformément aux conventions internationales.
La Casamance mérite que sa vérité soit révélée. Le peuple casamançais a le droit de voir ses espoirs, ses luttes et ses souffrances portés à la lumière. La communauté internationale doit se mobiliser pour exiger la fin de cette censure et la protection des droits des journalistes. La liberté de la presse n’est pas négociable : elle est le socle de toute démocratie digne de ce nom.
Mamadou Lamine Cissoko (Free Casamance Press)

Katakalousse
BONNE CONTRIBUTION DE LAMINE LEMZO CISSOKO . COOL MON GARS