Casamance : l’armée sénégalaise s’en prend une nouvelle fois aux civils : Rafles et pillages dans le Bignona
Dans une escalade inquiétante de la répression militaire au nord de la Casamance, l’armée sénégalaise a lancé, depuis ce dimanche 3 mai 2026, une série de rafles musclées dans plusieurs villages de la zone de Sindian, dans le Bignona. Massara, Diondji, Djieyi, Balla Bassène, Baïpeung et Diakoye ont été successivement quadrillés par des soldats qui ont semé la terreur parmi une population déjà éprouvée par des années de tensions.
Selon de nombreux témoignages concordants recueillis auprès d’habitants choqués et encore sous le choc, les militaires ont procédé à des fouilles systématiques des habitations, particulièrement à Diondji. Loin d’une simple opération de sécurité, ces interventions ont pris des allures de razzia : motocyclettes, sommes d’argent en espèces, téléphones portables, téléviseurs et panneaux solaires ont été saisis et emportés par les soldats, sans aucun procès-verbal ni justification officielle.
« Ils sont entrés comme des voleurs. Ils ont tout pris. Ce ne sont pas des militaires, ce sont des bandits en uniforme », confie, sous couvert d’anonymat, un résident de Diondji encore marqué par la violence des événements.
Le plus grave reste les arrestations arbitraires. Plusieurs civils ont été interpellés lors de ces opérations, souvent sans motif clair, et transférés vers des destinations inconnues. Des cas de mauvais traitements ont été signalés, alimentant les craintes de détentions illégales et de violences physiques.
Parmi les personnes arrêtées figurent : Sadio Tamba, Babaye Tamba, Moussa Tamba, Insa Tamba, Kadialy Tamba, Adama Tamba, Yaya Tamba et Dianko Tamba. Ces noms, tous issus de la noble et grande famille Tamba très respectée en Casamance, résonnent aujourd’hui comme autant de symboles d’une répression aveugle qui frappe indistinctement des familles entières.
Ces nouvelles exactions interviennent dans un contexte où la Casamance, territoire marginalisée et meurtrie, attend toujours une paix réelle et durable. Au lieu de cela, les populations locales subissent des opérations militaires qui ressemblent davantage à des punitions collectives qu’à des actions ciblées contre d’éventuelles menaces. Le silence assourdissant des autorités sénégalaises sous Bassirou Diomaye Faye face à ces pratiques renforce le sentiment d’impunité qui prévaut depuis trop longtemps.
Où sont aujourd’hui Sadio Tamba, Babaye Tamba, Moussa Tamba et les autres ? Dans quelles conditions sont-ils détenus ? L’armée sénégalaise doit des explications claires à la nation et particulièrement aux Casamançais. Le pillage des biens des civils et les arrestations sans base légale constituent non seulement des violations graves des droits humains, mais aussi une atteinte profonde à la dignité d’un peuple qui aspire simplement à vivre en paix sur ses terres.
La lumière doit être faite. Les responsables de ces dérives devront répondre de leurs actes. Les familles des détenus ne sont pas seules. La Casamance non plus.
Samsidine Badji (SAM)
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