Etats-Unis : Donald Trump menace de réduire la présence militaire américaine en Europe et met la pression sur l’OTAN
Le président américain Donald Trump a ravivé jeudi les tensions avec plusieurs alliés européens en déclarant envisager une réduction des troupes américaines stationnées en Italie et en Espagne, après avoir formulé une menace similaire visant Allemagne la veille.
S’exprimant dans le Bureau ovale, Donald Trump a accusé Rome et Madrid de n’avoir apporté « aucune aide » aux États-Unis depuis le début du conflit avec l’Iran le 28 février. « L’Italie ne nous a apporté aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un retrait de troupes était « probablement » envisagé.
Selon des données officielles, environ 12.600 soldats américains sont déployés en Italie et près de 3.800 en Espagne. En Allemagne, leur nombre dépasse 36.000, bien que certaines estimations médiatiques évoquent jusqu’à 50.000 militaires.
Le différend porte notamment sur le refus de ces pays de soutenir les opérations américaines dans le détroit d’Ormuz. Madrid a rejeté l’utilisation de ses bases militaires de Rota et Morón pour des actions contre l’Iran, tandis que Rome a interdit le transit d’avions américains transportant des armes via la base de Sigonella.
Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a contesté les accusations américaines, affirmant que son pays avait proposé une mission de protection de la navigation, saluée par les forces américaines. Il a également nié tout transit d’armements européens dans la zone.
La tension s’est étendue à Berlin après des propos du chancelier Friedrich Merz, qui a critiqué la stratégie américaine en Iran, estimant que Washington était « humilié » par Téhéran. Donald Trump a répliqué en accusant le dirigeant allemand d’« interférer » et de négliger d’autres priorités, notamment la guerre en Ukraine.
Ces différends interviennent alors que l’Alliance atlantique traverse une période de fortes tensions. La Première ministre italienne Giorgia Meloni, autrefois proche de Donald Trump, a pris ses distances, tandis que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a adopté une position ouvertement critique, qualifiant le conflit d’« illégal ».
Au-delà des différends bilatéraux, ces déclarations relancent les interrogations sur l’avenir de l’OTAN. Début avril, Donald Trump avait évoqué un possible retrait des États-Unis de l’Alliance, une décision toutefois encadrée par la loi américaine qui exige l’approbation du Congrès.
Les marchés et responsables européens suivent de près l’évolution de cette crise, qui pourrait redéfinir les équilibres sécuritaires sur le continent.
Ibou Camara
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