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Casamance : 23ème Anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola » pour ne jamais oublier !

Casamance : 23ème Anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola » pour ne jamais oublier !

Chaque 26 septembre, la Casamance se confronte à l’une de ses blessures les plus béantes : le naufrage du Joola. Mais ce rendez-vous de mémoire n’est plus seulement un moment de recueillement. Il est aussi le rappel brutal d’un scandale d’État, resté sans justice, sans vérité, sans courage politique.

Ce 26 septembre 2002, dans ce bateau Le Joola, conçu pour transporter 580 personnes, et assurant la liaison entre Ziguinchor, capitale de la Casamance, et Dakar, capitale sénégalaise, plus de 2 000 vies ont été englouties dans l’Atlantique. En quelques minutes, des familles entières ont disparu. Avec seulement 64 survivants, le Joola n’a pas été une simple tragédie maritime : il est devenu un symbole du mépris des vies sénégalaises et africaines, sacrifiées sur l’autel de la négligence et de l’irresponsabilité.

Et pourtant, les présidents sénégalais d’Abdoulaye Wade à Macky Sall, jusqu’à Bassirou Diomaye Diakhar Faye aujourd’hui, aucun gouvernement n’a eu le courage d’assumer ses responsabilités. Aucun procès. Aucune enquête digne de ce nom. Aucune vérité livrée aux familles. Vingt-trois ans après, le silence assourdissant des autorités est une seconde mort infligée aux victimes, une trahison faite à la mémoire collective casamançaise.

Chaque année, les cérémonies en Casamance témoignent de la dignité et de la force des survivants, des familles, de tout un peuple. Mais ce n’est pas à eux de porter seuls ce fardeau. La responsabilité de l’État sénégalais est totale, et sa défaillance, abyssale. Le naufrage du Joola n’est pas seulement une catastrophe maritime, c’est un crime d’indifférence politique, une faillite de la justice.

Ce drame, le deuxième plus grand naufrage civil au monde après le Titanic, dépasse largement les frontières sénégalaises. Il a brisé des vies du Sénégal à l’Europe, et pourtant, il n’a jamais suscité la volonté politique minimale sénégalaise pour rendre des comptes. Comment expliquer que tant de gouvernements, successifs et de bords différents, aient trouvé plus simple d’enterrer la vérité que de l’affronter ?

Les mémoriaux de Ziguinchor et de Dakar sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas. La mémoire ne peut pas être un substitut à la justice. Commémorer, ce n’est pas seulement déposer des fleurs dans l’océan : c’est exiger que chaque responsable, chaque maillon de cette chaîne de négligence, soit identifié.

Le Joola restera à jamais un rappel : tant que la justice n’aura pas été rendue, tant que les gouvernements continueront de détourner les yeux, le Sénégal portera cette honte. Le 26 septembre n’est pas seulement un jour de deuil. C’est une accusation. Une accusation contre un État sénégalais qui a failli, contre des dirigeants qui se succèdent sans jamais affronter cette vérité.

Ne jamais oublier, oui. Mais surtout, ne plus jamais accepter l’oubli organisé.

ARDiallo

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