Casamance : L’évêque de Ziguinchor reçoit le journaliste René Capain Bassène, une semaine après sa libération
L’évêque de Ziguinchor, Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga, a reçu en début de semaine, à la veille de son voyage pour Tambacounda, le journaliste d’investigation et essayiste René Capain Bassène dans la capitale de la Casamance, une semaine après la libération de ce dernier à la faveur d’une grâce présidentielle. Aucun détail n’a été communiqué sur le contenu de cette audience.
La rencontre intervient dans un contexte marqué par le retour à la liberté de René Capain Bassène, libéré le 27 mai après plus de huit années de détention dans le cadre de l’affaire dite de Boffa-Bayotte, du nom d’un massacre survenu en janvier 2018 au sud de Ziguinchor. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d’assassinat et participation à un mouvement insurrectionnel, le journaliste a toujours contesté les accusations portées contre lui. Et les faits lui donnent raison. Sa libération a été saluée par ses soutiens comme l’aboutissement de longues années de mobilisation nationale et internationale menée de la puissante Diaspora Casamançaise.
Durant sa détention, René Capain Bassène a mené plusieurs actions de protestation, dont une série de grèves de la faim entamée en 202 et 2025 pour dénoncer ce qu’il qualifiait d’injustice et ses conditions de détention. À au moins deux reprises, Monseigneur Manga était intervenu publiquement pour l’appeler à préserver sa santé et à mettre un terme à son mouvement.
Nommé à la tête du diocèse de Ziguinchor en 2024, Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga s’est régulièrement exprimé sur les questions de paix, de justice sociale et de réconciliation en Casamance, un territoire marqué par un conflit armé de plus de quatre décennies entre l’armée sénégalaise et les combattants indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC).
Si les raisons exactes de la rencontre entre les deux hommes demeurent inconnues, celle-ci revêt une portée symbolique dans une Casamance où l’affaire Capain Bassène a suscité de vifs débats sur la justice, les détentions arbitraires, la spoliation des terres, l’exploitation mafieuse du bois, les droits humains et le processus de paix.
La libération du journaliste est perçue par certains observateurs comme un geste d’apaisement des autorités sénégalaises dans une Casamance où les questions de vérité, de justice et de paix restent au cœur des préoccupations politiques et sociales.
Samsidine Badji (SAM)
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