Burkina Faso : Libération onze militaires nigérians après des excuses officielles du Nigeria
Le Burkina Faso a libéré onze membres d’équipage de l’armée de l’air nigériane détenus depuis début décembre, ont annoncé jeudi des responsables nigérians, après que Abuja a présenté des excuses officielles pour un atterrissage d’urgence ayant déclenché une crise diplomatique.
L’avion militaire de type C-130 avait effectué un atterrissage de précaution le 8 décembre à l’aéroport de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso, en raison d’un problème technique, selon les autorités nigérianes.
« L’équipage a été libéré suite à des discussions diplomatiques et après la réception d’excuses officielles du gouvernement nigérian concernant cet incident non autorisé« , a déclaré une source sécuritaire burkinabè sous couvert d’anonymat.
Le ministère nigérian des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué la libération des militaires et s’est dit « reconnaissant » aux autorités burkinabè. Il a réitéré que l’atterrissage était dû à « une urgence technique imprévue« .
Tensions régionales sur la souveraineté aérienne
L’incident avait rapidement envenimé les relations dans une région en proie à l’instabilité depuis une série de coups d’État. Lundi, l’Alliance des États du Sahel (AES), bloc formé par les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avait dénoncé une « violation flagrante » de l’espace aérien confédéral.
Dans un communiqué conjoint, l’AES avait qualifié l’atterrissage d' »acte inamical » et annoncé avoir placé ses défenses aériennes en « état d’alerte maximale« , les autorisant à « intercepter et neutraliser tout aéronef » pénétrant sans autorisation dans son espace.
Les trois pays, qui ont rompu leurs accords de défense avec d’anciens partenaires occidentaux depuis l’arrivée au pouvoir des juntes, affirment vouloir renforcer leur souveraineté et leur coopération sécuritaire face aux groupes jihadistes actifs dans la région.
La libération de l’équipage nigérian intervient après plusieurs jours de négociations entre Ouagadougou et Abuja. Aucun détail n’a été fourni sur la nature précise des excuses nigérianes.
Maléguène
