Casamance : 43 ans après la Marche Pacifique du 26 Décembre 1982, la flamme de l’indépendance brûle plus vive que jamais
Le 26 décembre 1982, Ziguinchor vibrait d’une unité indestructible. Plus de cent mille Casamançais, Diola, Mandingue, Peul, Bainounk, Manjak, Mankagne, toutes ethnies confondues, ont défilé pacifiquement, un cortège interminable de plus de trois kilomètres. Ils ont osé : descendre le drapeau sénégalais des bâtiments officiels et hisser le drapeau blanc, symbole pur de paix et de liberté. Un acte de bravoure pure, un cri retentissant pour l’indépendance, pour la fin d’une occupation qui étouffe notre terre depuis trop longtemps.
Mais le Sénégal, comme d’habitude, a répondu par le sang. Répression brutale, arrestations massives, tortures, prisons sordides. Des centaines de martyrs tombés ce jour-là et dans les mois suivants. Des milliers jetés en cage. L’abbé Diamacoune Senghor, père de la lutte, emprisonné pour avoir osé dire la vérité. Et depuis ? Le Sénégal a tout fait pour salir cette cause légitime : la réduire à un « conflit ethnique diola », diviser pour mieux régner. Mensonge éhonté ! La lutte casamançaise est nationale, historique, enracinée de Diogué à Gouloumbou, des rizières de Kafountine aux forêts du nord, des rives du fleuve aux collines oubliées.
43 ans plus tard, rien n’a changé. Les présidents sénégalais, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall, et maintenant Bassirou Diomaye Faye : tous ont nié notre souffrance. Bombardements, assassinats ciblés, villages rasés, mines qui mutilent encore nos enfants. La Casamance reste sacrifiée : routes défoncées, écoles fantômes, hôpitaux vides, économie étranglée. Promesses de paix ? Des mots vides, répétés comme un mantra hypocrite pendant que l’armée sème la terreur. Et la France, complice éternelle, ferme les yeux sur le sang versé par ses anciens protégés.
Malgré tout, notre peuple résiste. La mobilisation de 1982 n’était pas un feu de paille : elle est la braise qui couve, prête à embraser la quête d’indépendance. Nos martyrs ne sont pas morts en vain. Leur sacrifice hurle encore : justice, vérité, liberté !
Aujourd’hui, en ce 43ème anniversaire, nous magnifions cette marche héroïque. Nous saluons les martyrs, ces géants qui ont défié l’oppression. Et nous réaffirmons, d’une voix tonnante : la lutte du peuple casamançais pour son indépendance est légitime, inaliénable, irréversible.
La Casamance ne pliera jamais. Elle se relèvera, libre et souveraine. Comme son palmier, la Casamance fleurira.
Vive la Casamance indépendante ! Vive la lutte éternelle !
Emile Tendeng
