Casamance : Amidou Djiba transféré à la prison de Reubeus, un nouvel acte de répression coloniale sénégalaise
Dans un nouvel épisode de la saga répressive orchestrée par l’État sénégalais, Amidou Djiba, porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) au siège de Mangoukoro à Ziguinchor, a été brutalement arraché à sa terre natale. Le 20 août 2025, des militaires encagoulés, agissant comme des ombres de la nuit, ont violemment kidnappé cet indépendantiste chevronné, loin des regards, dans une opération digne des pires heures des dictatures. Aujourd’hui, Djiba croupit à 500 kilomètres de chez lui, dans les geôles sordides de la prison de Reubeuss à Dakar, capitale d’un État qui persiste à étouffer les aspirations légitimes du peuple casamançais.
Les charges portées contre lui ? Un refrain usé jusqu’à la corde, un copier-coller éhonté des accusations réservées aux voix dissidentes de Casamance : complot contre l’autorité de l’État, atteinte à l’intégrité du territoire, participation à un mouvement insurrectionnel et association de malfaiteurs criminelle. Ces mots, brandis comme une arme par un régime aux abois, ne sont qu’un prétexte pour museler ceux qui osent revendiquer l’indépendance d’une Casamance spoliée, opprimée, mais jamais brisée. Amidou Djiba, figure emblématique du MFDC, n’est pas un criminel : il est la voix d’un peuple qui refuse de plier sous le joug d’une domination coloniale déguisée en souveraineté nationale.
Le MFDC, dans toute sa diversité, a rugi d’une seule voix pour condamner cet enlèvement odieux. Dans un communiqué cinglant, les cellules de Balantacounda, Balmadou et du Fouladou ont dénoncé un « kidnapping » orchestré par des forces sénégalaises aux méthodes de milice. Ils exigent, avec une détermination farouche, la libération immédiate de Djiba. Et ils le martèlent : cet acte de répression ne fera pas vaciller la lutte. Les combattants du MFDC, qui détiennent un officier sénégalais comme prisonnier de guerre depuis avril 2025, restent inflexibles. « Cette détention ne changera rien à notre resolve », clament-ils, défiant l’État sénégalais qui semble croire que la force brute suffira à éteindre un feu allumé il y a des décennies.
Ce n’est pas la première fois que Djiba, âgé de 61 ans, goûte à l’amertume des cachots sénégalais. En 1995, il avait déjà été emprisonné à Reubeuss, passant quatre ans derrière les barreaux pour avoir osé porter haut le drapeau de la liberté casamançaise. Libéré à l’époque dans le cadre de négociations, il est aujourd’hui de nouveau victime d’une justice aux ordres, qui recycle les mêmes accusations fallacieuses pour criminaliser un combat légitime. Le Sénégal tremble à l’idée d’une Casamance libre. Mais de quel crime parle-t-on ? Celui de dire la vérité ? Celui de rappeler que la Casamance n’a jamais été intégrée au Sénégal par le consentement de son peuple ?
L’arrestation de Djiba, menée par l’armée sénégalaise, n’est pas un simple fait divers. C’est un signal clair : sous le régime de Bassirou Diomaye Faye, la répression contre les indépendantistes casamançais s’intensifie. Alors que le président sénégalais claironnait, en février 2025, la signature d’un accord de paix avec une faction du MFDC, cette opération brutale révèle l’hypocrisie d’un discours de façade. La paix véritable ne se construit pas par des enlèvements, des perquisitions abusives ou la saisie de tee-shirts jugés « compromettants ». Elle ne se bâtit pas non plus en exilant un homme loin de sa terre, dans une prison qui symbolise l’oppression d’un peuple entier.
La Casamance pleure, mais elle ne se rend pas. L’enlèvement armé d’Amidou Djiba n’est pas seulement une attaque contre un homme ; c’est une agression contre tout un peuple, contre une lutte qui transcende les générations. Le MFDC, loin d’être intimidé, brandit cet outrage comme un étendard. À ceux qui, à Dakar, croient pouvoir briser la Casamance par la force, le message est clair : chaque chaîne imposée à un combattant ne fait que renforcer la détermination des autres. La lutte continue, et la voix d’Amidou Djiba, même étouffée par les murs de Reubeuss, résonnera toujours dans le cœur des Casamançais.
Vive la Casamance libre ! Vive l’indépendance !
ARDiallo
