Casamance : Du tandem Diomaye – Sonko brisé, à la déception amère dans le Pastef – La prophétie de Pierre Coly se réalise
En juillet 2025, dans les colonnes du Journal du Pays, le journaliste casamançais Pierre Coly livrait une analyse percutante intitulée « Sénégal : Le Pastef vers l’implosion politique, le duo Diomaye-Sonko au bord du divorce ?« . Avec une clairvoyance remarquable, Coly dépeignait un tandem présidentiel – Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko – autrefois indéfectible, mais déjà miné par des tensions internes, des luttes d’ego et des dissensions au sein du Pastef. Il avertissait : « Si nous continuons ainsi, nous ne tiendrons même pas un mandat ! » citant les paroles incendiaires de Sonko lui-même. Six mois plus tard, à la fin de cette année tumultueuse, les faits donnent raison à Coly. La crise au sommet de l’État n’est plus une rumeur, mais une réalité palpable, culminant avec l’inauguration du siège de la coalition « Diomaye Président » et une fracture qui ébranle non seulement le pouvoir, mais aussi la Casamance, où la déception se mue en un regain d’idéaux indépendantistes.
Les prémices d’une implosion annoncée : L’analyse visionnaire de Coly
Pierre Coly, avec sa plume acérée forgée dans le terreau fertile de la Casamance, avait identifié les fissures dès juillet. Il décrivait un Premier ministre Sonko en « guerre ouverte » contre un président Faye perçu comme « dépassé ou stratégique« , soulignant les accusations de « problème d’autorité » et les appels désespérés de Sonko à « laisser gouverner« . Coly pointait du doigt les dissensions au sein du Pastef, où des voix réclamaient déjà le départ de Sonko de la Primature, et évoquait un risque d’éclatement qui menacerait la République entière. « Le peuple sénégalais, impatient de voir les promesses de changement se concrétiser, n’acceptera pas longtemps cette guerre des egos« , écrivait-il, prophétisant une rupture qui pourrait redessiner le paysage politique.
Les mois suivants ont validé cette analyse pointue. Dès août 2025, des observateurs notaient un « malaise persistant » au sommet de l’État sénégalais. Novembre marque l’éclatement public : le 11, Faye annonce le remplacement d’Aïssatou Mbodj – proche de Sonko – par Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président« , provoquant une riposte virulente du Pastef, qui conteste la légitimité de cette décision. Le bureau politique du parti dénonce une ingérence, affirmant que Faye n’a pas les prérogatives pour révoquer une responsable élue par les instances collectives. Cette nomination est vue comme un acte d’émancipation de Faye vis-à-vis de son mentor, traduisant une volonté de s’affranchir de l’influence du Pastef dans l’exécutif.
Décembre accentue la fracture. Le 24, l’inauguration du siège national de « Diomaye Président » à Dakar, sur la VDN, symbolise un divorce assumé. Des critiques internes qualifient cela de « trahison » et évoquent des exclusions de militants « fractionnistes« . Sur les réseaux, des hashtags comme #SonkoVsDiomaye enflamment les débats, avec des utilisateurs influents parlant de « sabotage » ou de « divorce imminent« . Un post viral sur X souligne : « Pastef, BDF l’a fait !! Il affronte officiellement Ousmane SONKO après avoir été ÉLU par les militants de Ousmane SONKO !« . Les analystes parlent d’un « duel politique ouvert« , avec un bicephalisme qui crée une perception de désordre institutionnel.
La déception des Casamançais : Du soutien enthousiaste à l’alignement indépendantiste
C’est en Casamance, berceau de Pierre Coly et fief historique de Sonko, que la déception est la plus vive. Les Casamançais ont massivement soutenu le Pastef lors des élections de mars 2024, voyant en Sonko et Faye les porteurs d’un changement radical : justice sociale, rupture avec le « système » et attention aux régions marginalisées. Le slogan « Diomaye moy Sonko » – une formule propriétaire de Babacar Touré Mandjou de Kéwoulo, un autre Casamançais – résonnait comme une promesse de compagnonnage sincère jusqu’en 2050. Pourtant, la crise actuelle trahit ce pacte, laissant un goût amer de recyclage des vieilles pratiques machiavéliennes.
La tournée de Faye en Casamance, achevée le 25 décembre 2025 dans l’indifférence totale des Casamançais, illustre ce virage. Présentée comme une « tournée économique« , elle est perçue par beaucoup comme une tentative de « piocher » dans le bastion de Sonko pour consolider son propre pouvoir. Des posts sur X critiquent le « Plan Diomaye pour la Casamance » comme une personnalisation problématique de l’action publique : « Cette habitude de personnaliser les actions de l’État est problématique. […] L’État doit servir le peuple, pas glorifier un homme« . Des militants casamançais expriment leur frustration : « Pastef vient de loins et a traversé beaucoup d’obstacles […] N’acceptons pas des alliés de la 25ème heure venir dévier la voie du projet ».
Cette déception nourrit un regain d’intérêt pour les idéaux indépendantistes incarnés par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Historiquement, la Casamance a souffert d’un sentiment d’abandon et de colonisation, et le Pastef avait canalisé ces frustrations vers un projet national unitaire. Aujourd’hui, face à ce qui est vu comme une trahison – Faye s’appropriant la victoire collective au détriment de Sonko –, des voix s’élèvent pour un retour aux racines indépendantistes. Bien que discrètes, des réactions locales évoquent un « désenchantement » qui pourrait raviver les tensions séparatistes, surtout si la crise institutionnelle persiste. Coly, en soulignant dès juillet les risques d’une base révoltée, avait vu juste : les Casamançais, qui se sont sacrifiés jusqu’à la mort des dizaines de jeunes pour le changement, se sentent floués, et le MFDC pourrait en profiter pour incarner une alternative déinitive.
Un Sénégal en suspens : vers une crise institutionnelle ?
Les enjeux dépassent les querelles personnelles. La rivalité prépare déjà 2029, avec Faye se positionnant pour un second mandat au détriment de Sonko. L’unité gouvernementale est fragilisée, et l’opposition pourrait exploiter ces divisions. Ajoutez à cela la crise de la dette – le Sénégal devant rembourser 14 870 milliards de FCFA entre 2026 et 2028 –, et le tableau est sombre. Des pourparlers de médiation sont en cours, mais sans clarification des rôles, la rupture semble inévitable.
Pierre Coly posait la question cruciale : « Le Pastef survivra-t-il à cette tempête ?« Les événements de 2025 répondent par l’affirmative à sa prophétie d’implosion. Pour le Sénégal, et particulièrement pour la Casamance, il est temps de repenser les alliances politiques au-delà des egos. Le peuple sénégalais, las des illusions post-alternance, mérite mieux qu’une malédiction des dualités – de Senghor-Dia à Sonko-Diomaye. La loyauté et la sincérité doivent primer, ou le désenchantement risque de plonger le pays de Léopold Sédar Senghor dans une crise plus profonde.
Abdou Rahmane Diallo

Anonyme
Il est essentiel que les députés Pastef casamançais jouent un rôle de facilitateur, constructif et axé sur le dialogue dans ce processus. Ceci est crucial tant pour la paix régionale Gambie et Bissau que pour le renforcement de sa propre paix intérieure. Ma visite actuelle en Casamance me renseigne beaucoup sur la situation. Elle est inquiétante.
Kolda Nafoure
vive l’indépendance de la casamance
Balla Moussa
il faut balayer toujours devant sa porte avant de balayer la porte du voisin ! les pastéfiens de Casamance n’ont pas appris de leurs parents qui ont TOUJOURS ETE TRAHIS AU SENEGAL Ne soyez déçus !!! Regardez vous dans le mirroir de votre passé récent. Nos parents n’ont jamais coniance aux Sénégalais et la preuve est encore une fois de plus sur vos yeux ui pleurent. Wassalam