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Casamance : Ferdinand Coly, encore un Casamançais symbole d’une justice sénégalaise « sélective et coloniale « 

Casamance : Ferdinand Coly, encore un Casamançais symbole d’une justice sénégalaise « sélective et coloniale « 

Un héros casamançais trahi par la justice sénégalaise

Ferdinand Coly, fils illustre de la Casamance et ancien pilier des Lions de la Téranga, a tout donné pour le Sénégal. Sur les terrains de football, il a porté haut les couleurs nationales, incarnant la fierté d’un peuple lors de l’épopée de 2002. Mais aujourd’hui, cet héros casamançais se retrouve dépossédé, humilié, et désillusionné par une justice sénégalaise qu’il qualifie sans détour de « sélective ou coloniale » et défaillante. Après douze ans de combat judiciaire acharné contre Saliou Samb, président du Conseil départemental de Mbour une localité sérère, la Cour suprême du Sénégal a balayé d’un revers de main les jugements qui lui étaient favorables, invoquant un vice de forme. Une décision qui sonne comme une trahison pour Coly, mais aussi comme un cri d’alarme pour tous les Casamançais et la diaspora qui aspirent à une justice équitable.

« J’ai tout respecté, la justice m’a tout retiré », a-t-il déclaré dans un entretien poignant à L’Observateur. Ces mots résonnent comme un écho douloureux pour une Casamance qui, depuis des décennies, se bat pour sa dignité et son autonomie face à un État sénégalais souvent perçu comme oppressif et partial. Le cas de Ferdinand Coly n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une longue liste de désillusions, où des figures comme Jules François Bocandé, ruiné par Daour Gaye, ou d’autres Casamançais anonymes, ont été victimes de réseaux d’escrocs protégés par un système judiciaire complice.

Blue Trade Company : une escroquerie symptomatique

L’affaire qui oppose Ferdinand Coly à Saliou Samb trouve son origine dans la création de Blue Trade Company, une entreprise d’exploitation et d’exportation de produits halieutiques. Coly, animé par le désir d’investir dans son pays et de créer des emplois, y a injecté 1,2 milliard de francs CFA. Un autre ancien international, Mamadou Niang, y a également investi plus de 325 millions de francs CFA. Mais selon Coly, Saliou Samb, bien connecté aux sphères de pouvoir, aurait détourné ces fonds, conduisant l’entreprise à la faillite. Malgré des condamnations initiales en faveur de Coly – deux ans de prison, dont dix mois avec sursis, et une amende de 800 millions de francs CFA pour Samb –, la Cour suprême a annulé ces décisions le 3 juillet 2025 pour des raisons procédurales, sans même rejuger le fond de l’affaire.

Cette décision, qualifiée d’« injustice flagrante » par Coly, met en lumière un système judiciaire où les puissants semblent intouchables. « Le problème du Sénégal, c’est sa justice », a-t-il martelé, un constat partagé par le Premier ministre Ousmane Sonko, lui-même en lutte contre les dérives judiciaires. Pour Coly, cette « justice sélective pour ne pas dire coloniale » ne fait que conforter l’idée que les Casamançais, malgré leur contribution au rayonnement du Sénégal, sont laissés pour compte.

La Casamance, une province acrifiée

La désillusion de Ferdinand Coly dépasse son drame personnel. Elle incarne le sentiment d’abandon qui ronge la Casamance, une région riche en ressources mais marginalisée par un pouvoir centralisé à Dakar. La lutte pour l’indépendance de la Casamance, portée par des décennies de revendications, trouve un écho dans l’histoire de Coly. Comment croire en un État qui, au lieu de protéger ses citoyens, les livre à l’arbitraire ? Comment espérer bâtir un avenir prospère dans une région où les investisseurs, qu’ils soient de la diaspora ou locaux, sont systématiquement trahis par des réseaux d’escrocs protégés par l’administration ?

Coly, en 2019, avait déjà menacé de renoncer à sa nationalité sénégalaise, déclarant : « Je vais rendre mon passeport et tous les documents nécessaires, et je ne vais absolument pas regretter. » Ce cri de cœur, loin d’être un simple coup de colère, reflète un rejet profond d’un système qui ne reconnaît pas la valeur des Casamançais. Aujourd’hui, son combat judiciaire avorté ne fait que renforcer cette fracture. « Je ne me reconnais plus dans cette société », a-t-il ajouté, pointant du doigt un Sénégal où « l’escroquerie prospère » et où les sportifs de haut niveau, devenus entrepreneurs, sont des « proies faciles ».

Une justice indépendante passe par une Casamance libre

La question se pose avec une urgence brûlante : militer pour une Casamance indépendante n’est-il pas la seule voie pour garantir une justice équitable ? Le système judiciaire sénégalais, tel que dénoncé par Coly et d’autres, semble incapable de protéger ceux qui, comme lui, ont tout sacrifié pour leur pays. Une Casamance autonome, avec ses propres institutions judiciaires, pourrait offrir un cadre où les citoyens ne seraient plus à la merci d’une justice centralisée, souvent accusée de servir les intérêts des élites de Dakar. Une justice casamançaise, ancrée dans les valeurs d’équité et de transparence, permettrait de protéger les investisseurs et les entrepreneurs locaux, tout en envoyant un signal fort à la diaspora : vos efforts ne seront pas vains.

Ferdinand Coly incarne ce rêve d’une Casamance libre, où la loyauté et l’intégrité ne seraient pas punies. Son combat, loin d’être terminé, doit devenir un étendard pour tous ceux qui refusent de plier face à l’injustice. « Que ce combat serve de leçon. Je veux qu’il réveille les consciences », a-t-il déclaré. Et si ce réveil passait par une Casamance souveraine, capable de rendre à ses fils et filles la dignité qu’ils méritent ?

Un appel à la mobilisation

Le calvaire de Ferdinand Coly n’est pas seulement celui d’un homme. C’est celui d’un territoire, d’un peuple, d’une diaspora qui refuse de continuer à être sacrifiée sur l’autel d’un système défaillant. À l’heure où des figures comme Sadio Mané sont elles aussi menacées par les mêmes réseaux de « prédateurs financiers », selon le Journal du Pays, il est temps de se lever. La Casamance doit prendre son destin en main. Une justice véritable, une prospérité partagée, une dignité retrouvée : voilà ce que l’indépendance peut offrir.

Ferdinand Coly, en héros casamançais, nous montre la voie. À nous, peuple de la Casamance, de transformer son cri de désespoir en un cri de victoire. Pour lui, pour Jules François Bocandé, pour tous les opprimés, et pour une Casamance enfin libre.

Balanta Mané

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Commentaires (4)

  • Toupane

    Mes cousins Christian et Aimé Toupane ont choisi la nationalité française parce que le Sénégal les a banni du sport Basket-Ball.

  • Nampoti_Casa

    Je suis très fier de notre JDP et de nos brillants hommes politiques et je remercie toutes les autorités du ?fdc d’avoir révélé l’incroyable lâcheté et médiocrité des hommes politiques sénégalais, à commencer par Sonko, Guy Marius et autres. Je pense que la classe politique sénégalaise d’aujourd’hui, restera dans l’histoire comme la classe politique la plus méprisable que nous ayons connue depuis l’ancien régime de Diouf et de Macky Sall.
    Ils me rappellent le cirque qu’ils ont mis en scène autour la rupture et la justice du peuple, qui, une fois libérée, est retournée dans le vide de l’anonymat. Vous souvenez-vous de Mariama Sagna, Fulbert Sambou, Didier Badji, de Mankabou, des jeunes tués à Ziguinchor, Bignona, Diaobé Diaroumé ? Où est passée la justice de Diomaye-Sonko ??? Et encore une fois, des complots contre Casamance par les fils et petits-fils de criminels et ceux qui sont nostalgiques du régime pourri de Macky.
    Horreur de se comporter comme un troupeau de moutons obéissants manipulés par un groupe de conspirateurs selon leurs théories d’intrigue et de complots prémédités par le régime colonial franco-sénégalais.
    Il est important de noter que la trahison est un crime grave. Bref, et à mon avis, compte tenu de la gravité de la trahison seule l’indépendance peut sauver la Casamance.

  • Fouladou2

    MON DIEU LUI AUSSI N’A PAS COMPRIS POURQUOI ALINE SITOE DIATTA, VICTOR DIATTA, IBOU DIALLO, YORO KANDE, EMILE BADIANE, ET AUTRES ONT ETE TRAHIS PAR LES SENEGALAIS. AINSI SUIVRONT CERTAINEMENT OUSMANE SONKO, ATEPA GOUDIABY, ROBERT SAGNA, ABDOULAYE BALDE, .VOUS OUBLIEZ QUE LA CASAMANCE EST UNE TERRE SACREE ….

  • Tapha

    Seuls les Casamanquais se font exploiter, arnaquer et déshumaniser par les sénégalais. Il a compris trop tard ! Dommage

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