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Casamance : La libération de l’officier sénégalais prisonnier de guerre du MFDC comme clé d’un règlement global ?

Casamance : La libération de l’officier sénégalais prisonnier de guerre du MFDC comme clé d’un règlement global ?

Dans les méandres impénétrables de la forêt casamançaise, un officier sénégalais, Médecin-Lieutenant du 2ème Bataillon de Saint-Louis, est retenu depuis le 16 avril dernier, suite à une embuscade à Mongone, au nord de Bignona. Capturé vivant par les combattants indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), il est, selon une source proche de la Croix-Rouge sénégalaise qui l’a rencontré à trois reprises, dans un « état de santé satisfaisant« . Bien traité par ses geôliers, il a pu transmettre des messages écrits à sa famille via l’organisation humanitaire. Cette détention, loin d’être un acte gratuit de barbarie, s’inscrit dans un conflit profond et légitime : la lutte pour l’autodétermination d’un territoire autonome pendant la colonisation, marginalisée, exploitée et opprimée par un État sénégalais distant et indifférent. Il est temps de transformer cette impasse en opportunité pour un règlement global, en écoutant enfin les voix indépendantistes qui portent des revendications justes et historiques.

Le MFDC, mouvement indépendantiste né en 1947 à Sédhiou, ne fait « aucune prédiction sur l’issue de la libération de l’officier sénégalais prisonnier de guerre », comme l’explique un membre de haut rang. Et pour cause : « cet officier est capturé des armes à la main, envoyé en Casamance pour tuer. Pour dire que la situation est complexe. » Cette complexité n’est pas un prétexte, mais une réalité brute.

La Casamance, riche en ressources minières, agricoles et culturelles, a été systématiquement colonisée : Tous les pouvoirs politiques, administratifs, judiciaires et militaires sont confiés aux Sénégalais. Les infrastructures défaillantes, l’économie pillée, l’identité culturelle bafouée. Les indépendantistes ne sont pas des terroristes ; ils sont les défenseurs d’un peuple qui réclame le droit à l’autogestion, à l’indépendance. Retenir cet officier, un symbole de l’occupation militaire, est un levier pour forcer le dialogue. Mais au-delà de cette capture, c’est l’appel à une paix globale qui résonne : libérez-le non comme une concession unilatérale, mais comme le premier pas vers des négociations sincères sur l’avenir de la Casamance.

Hélas, le gouvernement sénégalais, fidèle à sa posture arrogante, sabote toute avancée. Officiellement, l’officier est « porté disparu » par la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), ce bras propagandiste qui camoufle les revers militaires sous un voile d’opacité. Officieusement, le gouvernement sénégalais sait pertinemment où il se trouve, mais préfère des tractations stériles : le marabout de Bignona, Fansou Bodian, des ONG financées par l’État – des pantins manipulés pour simuler l’effort –, et des intermédiaires basés en Gambie. Ces moyens douteux ne visent pas la résolution, mais le maintien du statu quo. Pourquoi ? Parce qu’un règlement global impliquerait de reconnaître les griefs légitimes du MFDC : la fin de l’occupation armée, la restitution des terres, des investissements équitables. Au lieu de cela, l’État envoie des soldats pour « tuer », comme le souligne si justement le MFDC, perpétuant un cycle de violence qui a coûté des milliers de vies et ruiné des générations.

Cette indifférence de type coloniale n’est pas seulement criminelle ; elle est contre-productive. En ignorant les appels à l’autodétermination, le Sénégal alimente la radicalisation et prolonge un conflit qui saigne la sous-région toute entière. Les indépendantistes ont raison : la Casamance n’est pas une province rebelle, mais une entité distincte, un territoire spécifique, avec ses langues, ses traditions et son économie potentielle. Un règlement global – négociations directes, retrait militaire immédiat– n’affaiblirait pas le Sénégal, mais le renforcerait en le débarrassant d’une plaie ouverte. La libération de l’officier pourrait être le geste inaugural, un signe de bonne foi du MFDC, mais seulement si le Sénégal s’engage à aborder les racines du mal : l’injustice historique, l’exploitation coloniale.

Engagé pour la justice et la vérité, un groupe de Gambiens, de Bissau-Guinéens appelle à une mobilisation pour la paix. Au MFDC, montrez votre grandeur en libérant cet homme, non par faiblesse, mais pour ouvrir la porte à la victoire morale. Au gouvernement sénégalais, cessez vos manœuvres hypocrites et affrontez la réalité : l’autodétermination n’est pas une menace, c’est un droit. La Casamance libre et pacifiée profitera à tous. Sans règlement global, le conflit continuera de ronger, et l’officier ne sera qu’un prisonnier parmi tant d’autres – ceux d’un peuple entier enchaîné par l’indifférence. Il est temps d’agir : pour la liberté, pour la paix.

Antoine Bampoky

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