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Casamance : L’engagement pour une rupture totale et définitive avec le Sénégal (Contribution de Mouhamadou Alpha Barry)

Casamance : L’engagement pour une rupture totale et définitive avec le Sénégal (Contribution de Mouhamadou Alpha Barry)

Ce texte se veut un manifeste politique et intellectuel dénonçant avec vigueur le projet de l’État sénégalais visant à dissoudre l’identité casamançaise dans une matrice wolofo-maraboutique. Il pointe également la passivité – voire la complicité – d’une partie des élites locales, mettant en lumière la crise de la pensée critique et la stérilité politique qui gangrènent une société casamançaise confrontée à un projet de déstructuration identitaire.
Aujourd’hui, le peuple casamançais répond à l’appel de la mémoire, de la résilience et de l’histoire. Il retourne à son berceau naturel, déterminé à redresser la tête et à construire un avenir autonome.

Une négation historique et systémique de l’identité casamançaise

Depuis 1960, année de l’indépendance du Sénégal, la Casamance subit une politique systématique de négation de son identité, de ses valeurs et de son droit à exister comme entité culturelle et politique historiquement autonome. Ce que certains semblent découvrir aujourd’hui n’est que la continuité d’un projet d’assimilation conçu dès les origines de l’État sénégalais.
Loin d’être un phénomène nouveau, l’humiliation de la Casamance est ancienne. Lors d’une conférence en ce début de juillet à Glasgow, Ousmane Tamba, un des leaders indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance, le mieux connu ici en Ecosse, a rappelé :
« A part l’esclavage colonial, les déportations du Roi Sihalébé Diatta et de la Reine Aline Sitoé Diatta ont été les premières humiliations de la Casamance. Après la création du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance en mars 1947, son fondateur, Victor Simuhemba Diatta, a été assassiné à Dakar. Depuis, l’humiliation s’est institutionnalisée.»

Domination symbolique et propagande d’État

Le régime sénégalais, à travers ses symboles et ses médias, s’efforce de construire une image falsifiée de la Casamance : tantôt zone rebelle, tantôt territoire de banditisme ou de dissidence manipulée. Des dizaines de jeunes de Toubacouta sont jugés après cinq ans de détention arbitraire ; René Capain Bassène, journaliste de renom, est emprisonné pour satisfaire l’autoritarisme de Macky Sall.
On impose le drapeau sénégalais dans chaque recoin : cimetières, écoles, veillées funèbres manifestations, conférences de presse, défilés militaires. Ce marquage, colonial dans l’esprit, est une stratégie de domination symbolique qui nie l’ancestralité du territoire et vise à étouffer l’esprit libre du peuple casamançais.
Cette politique infantile trahit la petitesse d’une élite sénégalaise en quête de légitimité. Plutôt que de réagir par émotion, il est impératif d’en décrypter les mécanismes, de nommer les injustices, de dénoncer les oppressions – et surtout, d’agir.

L’indignation ne suffit plus : elle doit se transformer en action

L’indignation seule, sans stratégie ni responsabilité, devient impuissance. Elle peut être récupérée, neutralisée, voire instrumentalisée pour créer l’illusion d’un débat qui, en réalité, n’a pas lieu. Ce théâtre de propagande vise à arracher la Casamance à elle-même, à la défigurer devant l’opinion publique.
Le projet de transformation de la Casamance en simple « terre sénégalaise wolofisée » prospère grâce à la passivité – parfois la trahison – d’une partie des élites politiques et intellectuelles, y compris casamançaises. Cette inertie révèle une crise profonde de la pensée critique et de l’engagement.

Une aliénation entretenue par les élites : trahison ou lâcheté ?

Face à une entreprise de répression et de déconstruction identitaire, le silence des élites est une trahison. L’absence de résistance intellectuelle condamne la Casamance à l’aliénation. Les discours creux, les compromis déguisés en dialogues, les postures sans action n’apportent qu’un enfermement plus profond.
Il est urgent de dévoiler les causes réelles de cette situation, de déconstruire le discours des « tuteurs » autoproclamés et de faire de la liberté un objectif concret. Comme l’a écrit Paulo Coelho :
« La seule chose qui puisse empêcher un rêve d’aboutir, c’est la peur d’échouer. »
Et Kant nous enseigne que l’homme devient adulte en osant penser par lui-même.

L’appel à la rupture : construire un avenir libre

Pour la Casamance, le combat est double : préserver une identité ancestrale face à un programme de déstructuration, et reconquérir une liberté politique, sociale et culturelle. Cet éveil des consciences exige du courage : celui de rompre avec la soumission sénégalaise, celui de choisir la dignité.
Aujourd’hui, le peuple casamançais revient à son point d’origine :
Casa di Mansa, la « Case du Roi », où bat le cœur de son identité.

Porté par l’appel de l’âme, du cœur et de la raison, il aspire à bâtir son propre État, à fonder sa propre République. Cette marche s’inscrit dans un processus historique irréversible. C’est un dépassement du système politique actuel, réduit à la lâcheté, à la violence et à l’aveuglement.
La rupture avec le Sénégal n’est pas à venir.

Elle est déjà totale et définitive.

Mouhamadou Alpha Barry, Etudiant Business School, accréditée, ACSB, AMBA, EQUIS, Université de Strathclyde, Glasgow (Ecosse)

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