Casamance : Les combattants indépendantistes du MFDC en état d’alerte maximale et sur pied de guerre
Dans les forêts épaisses de la frontière entre la Casamance et la Guinée-Bissau, une menace sournoise plane, prête à exploser à tout moment. Depuis le lundi 15 septembre 2025, les combattants indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) ont été placés en état d’alerte maximale. Des bases Atika qui sont sous les commandants des zones Sud, Centre, Est et Ouest bruissent d’une activité fébrile, avec toutes les permissions suspendues jusqu’à nouvel ordre. Une mobilisation totale de milliers de guérilleros qui fait craindre une escalade violente, rappelant les sombres heures des conflits passés.
La tension, déjà palpable, s’est intensifiée avec la visite surprise et précipitée, du 18 septembre de Birame Diop, ministre des Forces Armées du Sénégal en Guinée-Bissau. Ce déplacement diplomatique, perçu comme une provocation par l’opposition bissau-guinéenne et les indépendantistes casamançais, coïncide avec des rapports alarmants sur les agissements de groupes d’individus étrangers infiltrés dans ces zones frontalières. Qui sont-ils ? Des espions, des mercenaires, ou des acteurs d’une opération clandestine ? Les sources au sein du MFDC, contactées sous couvert d’anonymat, évoquent des mouvements suspects ennemis qui « font craindre le pire » : une attaque surprise, un embrasement généralisé, ou pire, un nouveau cycle de violence qui pourrait engloutir des villages entiers dans le désespoir.
« Nous sommes en mode survie face à un nouvel exemple de comportement sénégalais dangereux « , confie un combattant du MFDC joint par des canaux sécurisés. « Comme vous le savez, la Casamance mène une guerre existentielle pour la liberté, la dignité et l’honneur de son peuple. La frontière avec nos voisins peut se transformer en une poudrière. Toute étincelle pourrait tout faire sauter. »
Cette alerte n’est pas un exercice : elle s’accompagne d’un appel urgent aux habitants des villages environnants. Signalez tout comportement suspect d’étrangers, limitez vos déplacements au strict minimum. Dans ces contrées où les routes sinueuses cachent des embuscades potentielles et où la nuit amplifie les rumeurs de fusillades, la peur s’installe comme un poison lent. Le Sénégal pourrait utiliser la Guinée-Bissau pour faire pression sur les indépendantistes du MFDC afin de libérer leur officier prisonnier de guerre, capturé en plein combat au nord de la Casamance en avril 2025.
Alors que le monde détourne le regard, les populations locales vivent dans l’angoisse. Combien de temps avant que les premières balles ne claquent ? La Casamance retient son souffle, mais pour combien de temps encore ? Les autorités sénégalaises et bissau-guinéennes n’ont pas encore réagi officiellement, laissant un vide terrifiant d’une guerre toujours non déclarée que la peur comble à sa guise.
Samsidine Badji (SAM)
