Casamance : Les intellectuels et universitaires du MFDC dénoncent fermement « le kidnapping » d’Amidou Djiba
Communiqué de Presse
Objet : Conflit en Casamance – Dénonciation de l’État kidnappeur et maître-chanteur du Sénégal
C’est sans mandat ni convocation que les services relevant du renseignement militaire sénégalais ont enlevé Amidou Djiba, porte-parole du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), à Mangoukouro (Ziguinchor). Son domicile a été perquisitionné avant sa déportation vers Dakar à 500 kilomètres, dans les locaux des services secrets de Colobane.
Avant lui, Souleymane Soul Badji, militant du MFDC issu de l’aile civile et politique et trait d’union entre l’imam Fansou Bodian et Atika, l’aile combattante du mouvement, avait lui aussi été kidnappé puis détenu arbitrairement. Ces deux responsables font aujourd’hui l’objet de chantage autour de la question de l’officier médecin de l’armée sénégalaise, capturé il y a quelques mois par Atika lors d’une opération militaire dans le Nord Sindian.
La distinction est claire : Amidou Djiba et Souleymane Soul Badji sont des otages politiques, tandis que l’officier médecin, capturé les armes à la main et en opération, relève du statut de prisonnier de guerre.
L’État sénégalais, qui a expulsé des médias internationaux tels qu’Al Jazeera et RFI afin d’imposer une omerta médiatique sur le conflit en Casamance, persécute en parallèle journalistes, chroniqueurs et société civile. Ses multiples tentatives de médiation pour obtenir la libération de son prisonnier de guerre se sont toutes soldées par un échec.
Les démarches menées par l’imam Fansou Bodian, le COSPAC, l’Église de Casamance, un officier casamançais impliqué dans le siège de Kanilai (Gambie), ou encore par Ousmane Sonko auprès de l’imam de Bignona, se heurtent à la légèreté du processus improvisé de Bissau, sous l’égide du président Umaro Sissoco Embaló.
Car le sort du prisonnier de guerre est indissociable des causes profondes du conflit, enracinées dans la lutte contre l’occupation militaire de la Casamance depuis 42 ans. Pourtant, le gouvernement sénégalais persiste à privilégier l’option militaire, tentant par la force de briser les défenses d’Atika. Une stratégie vouée à l’échec, car inefficace et inappropriée.
En agissant ainsi, le régime bicéphale Diomaye – Sonko, manipulé par l’artisan des errements stratégiques des dix dernières années, l’amiral Sarr, chef du renseignement militaire, s’illustre dans des pratiques crapuleuses de kidnappings et de chantages.
Aujourd’hui, la Casamance demeure un territoire de non-droit, théâtre du plus ancien conflit d’Afrique, dans un État qui se vante d’être un modèle démocratique mais qui, en réalité, se révèle gangrené par un souverainisme populiste. Pourtant, la lutte de la Casamance est avant tout politique : elle repose sur le droit à l’autodétermination, inscrit dans les déclarations universelles et africaines des droits de l’homme et des peuples, ainsi que sur son histoire, son identité culturelle spécifique et sa volonté d’une économie autogérée.
Le MFDC, toutes ailes, structures et sections confondues, dénonce fermement ces enlèvements et alerte l’opinion internationale : la persécution, la situation de « ni paix ni guerre », et les kidnappings d’État rendent caducs et illégitimes les pseudo-accords de Bissau et de Diakaye.
Plutôt que de s’enfermer dans la fuite en avant répressive, guerrière et dans l’étouffement médiatique, le gouvernement du Sénégal devrait, avec les élites du MFDC – y compris celles en exil – engager enfin un véritable processus de paix.
Un processus crédible, à la hauteur de l’enjeu, qui suppose :
• le choix d’un médiateur étatique ou interétatique,
• un terrain neutre,
• la mise à plat des dimensions politiques, historiques, juridiques, socio-culturelles et économiques du conflit.
Car l’enjeu central reste de poser clairement la question de l’appartenance équivoque et problématique de la Casamance à la Nation sénégalaise.
Vive une solution politique et pacifique à la question de la Casamance !
À bas les enlèvements et emprisonnements arbitraires en Casamance !
Fait en Europe, ce 28 août 2025
Le Cercle des Intellectuels et Universitaires du MFDC
