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Casamance : Les prémices d’une déstabilisation majeure contre Ousmane Sonko lors de la visite programmée de Bassirou Diomaye Faye

Casamance : Les prémices d’une déstabilisation majeure contre Ousmane Sonko lors de la visite programmée de Bassirou Diomaye Faye

Quand les cicatrices d’une longue lutte d’indépendance croisent les lignes complotistes du pouvoir sénégalais !

La Casamance, terre de mémoire et de résistance à toute forme de domination, porte l’un des conflits les plus longs, les plus enfouis et les plus mal cicatrisés entre les indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et le Sénégal. Cette histoire inspire à la fois crainte et respect.
Chaque déplacement d’un président sénégalais en terre de Casamance constitue une épreuve : le moindre faux pas devient un risque, chaque silence, un signal d’alerte.
À l’approche de la visite annoncée du président Bassirou Diomaye Faye, prévue du 20 au 25 décembre 2025, une succession de faits troublants — assassinats, meurtres, frustrations armées et résurgences sécuritaires — suscite une inquiétude croissante parmi diplomates, observateurs régionaux et acteurs locaux.
Une question s’impose alors : le Sénégal est-il à la veille d’une crise fabriquée aux conséquences politiques irréversibles ?

Une chronologie qui interroge

L’histoire récente invite à la prudence.
En juin 2022, le pays a connu une séquence sécuritaire exceptionnelle marquée par : des arrestations massives, des accusations de complot contre l’État, la mise en scène de réseaux clandestins prétendument liés à l’opposition, un discours officiel évoquant une menace insurrectionnelle imminente.

Parmi ces dossiers figurait l’arrestation d’Ousmane Kabiline Diatta, présenté comme le bras armé d’une faction radicale du MFDC, accusé de préparer des actions violentes à Dakar pour le compte du Pastef d’Ousmane Sonko.

Aujourd’hui libre, il apparaît pour la grande majorité comme la victime d’un montage étatique. Dans un pays où l’outil sécuritaire a souvent été instrumentalisé, une libération silencieuse peut peser autant qu’une arrestation spectaculaire.

Des combattants désarmés… mais pas apaisés

Parallèlement, d’anciens combattants du front de Diakaye réfugiés à Ziguinchor — comme Fatoma Coly — ou cantonnés depuis plus de cinq ans à Sangalkam, à l’image de Daouda Diatta, dénoncent ce qu’ils qualifient de rupture unilatérale de l’État sénégalais.

Les accords de paix signés en mai 2023, présentés comme un tournant historique après plus de quarante ans de conflit, prévoyaient : une prise en charge financière, des programmes de réinsertion, des réparations communautaires.

Selon plusieurs ex-commandants rencontrés à Ziguinchor, ces engagements n’ont jamais été respectés.
« Nous avons déposé les armes, mais l’État a déposé ses promesses », résume l’un d’eux.
Dans une Casamance saturée d’armes légères, la colère des anciens combattants n’est jamais un simple fait social : elle constitue une variable stratégique.

Les fantômes du sécuritaire parallèle

À cette poudrière sociale s’ajoute un élément plus inquiétant encore : la persistance de réseaux informels de violence politique.
Entre 2021 et 2023, les Sénégalais ont été marqués par des images devenues familières : pick-up sans plaques, hommes armés en civil, manifestants pourchassés, tirs mortels en pleine zone urbaine.

Des témoins ont évoqué des opérations ciblées, l’existence de listes nominatives et une violence méthodique.

Dans ces récits revient fréquemment le nom de Jérôme Bandiaky, ancien chef de la sécurité de l’APR de Macky Sall, Marrons du feu, figure controversée surnommée « Sniper », souvent présenté comme le symbole des zones grises entre pouvoir politique, sécurité parallèle et violence extrajudiciaire.
Son arrestation récente, en l’absence de communication officielle détaillée, n’a pas dissipé les soupçons ; elle les a renforcés.
À Ziguinchor, plusieurs sources locales affirment avoir observé des individus se réclamant d’anciens réseaux sécuritaires de l’APR de Doudou Kâ, notamment dans des zones sensibles liées à la famille d’Ousmane Sonko dans le quartier où réside sa maman.

Des précédents lourds de sens

En juin 2022, douze personnes, dont Pape Mamadou Seck, avaient été arrêtées et présentées comme membres d’un groupe qualifié de « terroriste jihadiste », supposément proche du Pastef.
Elles étaient accusées de complot contre l’autorité de l’État, de tentative de déstabilisation politique, d’attaques contre les forces de l’ordre et de détention d’armes et de substances incendiaires. L’accusation évoquait un groupe baptisé « Forces spéciales », censé préparer des actions de guérilla urbaine visant des installations stratégiques, y compris des intérêts étrangers.
Ces précédents, combinés aux récentes accusations de Madiambal Diagne relayées contre Ousmane Sonko, repris par les proches de Diomaye Faye, principalement des anciens militants de l’APR de Macky Sall qui militent tous dans la coalition « DIOMAYE Président » — dans un climat rappelant l’affaire Adji Sarr — ravivent les soupçons d’une instrumentalisation persistante des services sécuritaires, héritée des pratiques observées sous Abdoulaye Wade et Macky Sall.

Un scénario déjà observé ailleurs

Des analystes sécuritaires ouest-africains décrivent, sous couvert d’anonymat, un schéma récurrent de neutralisation politique : un incident violent lors d’un déplacement présidentiel ; une riposte sécuritaire immédiate et massive ; une narration officielle désignant un ennemi intérieur ; une judiciarisation expéditive scellant le sort politique d’un adversaire.

À ce stade, aucune preuve tangible ne permet d’affirmer qu’un tel scénario est en cours.
Mais l’accumulation de signaux forts, dans un pays où la sécurité a déjà servi d’outil politique, impose une vigilance maximale.

Pourquoi la communauté internationale ne peut détourner le regard

Le Sénégal selon certains, est un pilier démocratique en Afrique de l’Ouest. Pourtant, son histoire récente montre que même les démocraties les plus solides peuvent vaciller lorsque la sécurité devient un instrument politique.
Dans ce contexte, plusieurs mesures apparaissent indispensables : une mission internationale d’observation sécuritaire en Casamance ; une transparence totale sur les dispositifs armés déployés ; une protection équitable de toutes les figures politiques, majorité comme opposition.

Car si un drame devait survenir en Casamance, il ne s’agirait pas seulement d’une tragédie locale, mais d’un séisme régional.
Une crise fabriquée remettrait en cause : la crédibilité des accords de paix soutenus par les partenaires internationaux, la neutralité des forces de sécurité, l’intégrité du jeu démocratique.

À l’heure où le président Diomaye Faye s’apprête à fouler le sol casamançais, la transparence sécuritaire, la présence d’observateurs indépendants et la protection de toutes les sensibilités politiques ne sont plus des options : ce sont des impératifs.

Car l’histoire africaine l’a montré à maintes reprises : les drames politiques majeurs sont rarement improvisés. Ils sont presque toujours précédés de silences, de signaux ignorés et d’alertes minimisées.

La Casamance exprime une lassitude croissante face à son rôle récurrent d’arène pour les règlements de comptes politiques. Depuis des décennies, elle semble servir de théâtre à des rivalités opposant les dirigeants sénégalais à des figures casamançaises influentes. Parmi les exemples historiques, on retrouve les affrontements impliquant Léopold Sédar Senghor, Mamadou Dia et le professeur Victor Simuhemba Diatta en passant par Emile Badiane à Ibou Diallo.
Cette dynamique s’est poursuivie sous les présidences suivantes : Abdou Diouf et Abdoulaye Wade face à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, puis plus récemment Macky Sall puis maintenant par Bassirou Diomaye Faye face à Ousmane Sonko.

Aujourd’hui, les habitants de la Casamance aspirent à sortir de ce cycle, refusant que leur territoire continue d’être instrumentalisé dans les luttes de pouvoir depuis le Sénégal lointain, de l’autre côté de la Gambie.

Pierre Coly

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Commentaires (6)

  • Bapoulo

    Je souligne que le Sénégal et ses présidents n’ont toujours rien compris de la Casamance et des Casamançais. Ils se concentrent que sur la manière de maximaliser leurs profits économiques et financiers en Casamance en pensant qu’à l’exploitation à outrance des ressources. Je tiens simplement à vous dire que vous ne comprenez toujours rien aux Casamançais. Messieurs et Mesdames du Sénégal, vous vous trompez sur l’essentiel : le moteur de notre résistance n’est ni la peur, ni l’argent, comme chez vous au Sénégal. Notre lutte n’est pas axée sur le commerce et le profit, ni sur la capitalisation et la rentabilité ou ce que vous appelez développement. Il s’agit de résoudre les problèmes les plus importants de l’État. Il s’agit de devoir de vérité, de justice, de paix et d’indépendance pour notre patrie la Casamance, au cas où vous ne l’auriez pas compris. Retenez : LA CASAMANCE A SES MORTS POUR LA PATRIE.

  • catacasa

    complot sur complot, trahison sur trahison, les sénégalais sont considérés à juste titre comme les traîtres de l’afrique

  • Awagna2000

    SONKO N’A RIEN COMPRIS, IL DOIT BALAYER TOUT D’ABORD DEVANT SA PORTE AVANT DE S’OCCUPER DES POURRITURES ET MERDES DES TRAITRES SENEGALAIS. VICTOR DIATTA A ETE ASSASSINE PARCE QUE NATIF DE LA CASAMANCE. LE PASSE EST LA POUR NOUS EDIIER.WASSALAM

  • Carlos

    Une grande vigilence ! Il faut apprendre du passé. Merci Peter pour l’analyse: « La Casamance exprime une lassitude croissante face à son rôle récurrent d’arène pour les règlements de comptes politiques. Depuis des décennies, elle semble servir de théâtre à des rivalités opposant les dirigeants sénégalais à des figures casamançaises influentes. Parmi les exemples historiques, on retrouve les affrontements impliquant Léopold Sédar Senghor, Mamadou Dia et le professeur Victor Simuhemba Diatta en passant par Emile Badiane à Ibou Diallo.
    Cette dynamique s’est poursuivie sous les présidences suivantes : Abdou Diouf et Abdoulaye Wade face à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, puis plus récemment Macky Sall puis maintenant par Bassirou Diomaye Faye face à Ousmane Sonko.

    Aujourd’hui, les habitants de la Casamance aspirent à sortir de ce cycle, refusant que leur territoire continue d’être instrumentalisé dans les luttes de pouvoir depuis le Sénégal lointain, de l’autre côté de la Gambie. » Bien vu

  • Mafousse SANE

    C’est clair, ils fomentent partout des complots. Ne soyons pas surpris si une mine ou un coup de fusil produit par un agent mercenaire conduise à l’arrestation de PROS. C’est Macky ui gouverne le Sénégal.

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