Casamance : Les terres spoliées par l’ombre de l’ancien régime sénégalais de Macky Sall !
Les villageois de Boucotte Mancagne et Baraffe, dans la commune de Niaguis, crient leur colère face à un lotissement opaque entamé en 2017-2018, qu’ils jugent illégal et orchestré par des proches de l’ancien président Macky Sall. Réunis au sein du comité de veille et d’alerte, ils ont déposé une lettre de doléances à la Gouvernance de Ziguinchor, réclamant transparence et justice.
« Où sont les documents ? Où est la vérité ? » s’insurge Boubacar Diallo, porte-parole du comité. Les habitants exigent la délibération d’affectation, l’arrêté ministériel, le procès-verbal de la commission d’attribution et l’arrêté du sous-préfet de Niaguis. Derrière ce dossier, des soupçons pèsent sur des figures liées à l’ancien régime, comme le sous-préfet Massamba Mbaye, réputé proche du cercle de Macky Sall, aux côtés de Victorine Anquediche Ndeye et Madiambal Diagne.
Soutenus par Vision Citoyenne, les villageois demandent l’arrêt définitif de ce lotissement, dont la suspension a été mystérieusement levée par un arrêté du sous-préfet. Madia Diop Sané, coordonnateur de Vision Citoyenne, dénonce une manœuvre illégale : « Cet arrêté est un scandale ! Il bafoue les droits des autochtones. »
Le sous-préfet de l’arrondissement de Niaguis, avait pris un arrêté daté du 11 juillet 2025, interdisant jusqu’à nouvel ordre l’exploitation des terres dans cinq villages en raison de menaces de troubles à l’ordre public. Cette mesure concerne quatre villages de la commune de Boutoupa-Camaracounda (Boutoupa, Bindialoum Baïnouk, Mawa et Niabina) et un village de la commune d’Adéane (Agnack Petit). L’exécution de cet arrêté avait d’ailleurs été confiée au commandant de la Brigade de proximité de la Gendarmerie de Niaguis ainsi qu’aux maires des communes concernées.
Le mémorandum, adressé au gouverneur sénégalais de Ziguinchor Mor Talla Tine pour transmission au président de la République du Sénégal Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko et aux ministres concernés, est un cri d’alarme. Les habitants espèrent un dénouement, à l’image de celui obtenu à Mbour 2. Pendant ce temps, l’arrêté du 11 juillet 2025, interdisant l’exploitation des terres dans cinq villages pour « troubles à l’ordre public », semble masquer une volonté de protéger les intérêts des puissants.
La Casamance ne se taira pas ! Les villageois promettent de continuer leur combat jusqu’à ce que justice soit rendue et leurs terres restituées.
Antoine Bampoky
