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Casamance : Rétrospective de l’année 2025

Casamance : Rétrospective de l’année 2025

L’année 2025 en Casamance a été marquée par une tension persistante autour du conflit indépendantiste, malgré des tentatives de pacification. Elle met en lumière les pannes diplomatiques fragiles, les escalades militaires, les commémorations historiques, les célébrations culturelles et religieuses, ainsi que les drames humains et environnementaux. Le contexte général est celui d’un scepticisme croissant envers le gouvernement sénégalais, avec des appels récurrents à l’indépendance et à la justice pour les victimes du conflit vieux de plus de 40 ans.

Janvier à février : Célébrations et panne du processus de paix

• 1er janvier : Les Casamançais célèbrent la nouvelle année avec des vœux de réconciliation, de sérénité et de liberté. Un optimisme prudent pour une résolution du conflit est souligné, mais aussi une lassitude face aux promesses non tenues.
• Février : Signature d’un semblant d’accord de paix entre le gouvernement sénégalais et un groupe dissident du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance), médiatisé par la Guinée-Bissau. Cet accord est perçu comme non inclusif et rapidement qualifié de « lettre morte » en raison du non-respect des engagements sur la réintégration des ex-combattants et le développement économique.

Mars à juin : Célébrations religieuses et incidents sporadiques

Mars (Journée internationale des femmes) : Les « Amazones casamançaises » défient les tensions sécuritaires en visitant les maquis du MFDC, transformant la journée en un cri de guerre pour la liberté et l’indépendance. Des hommages sont rendus aux figures féminines historiques comme Aline Sitoé Diatta.
• Avril (Pâques et Korité/Aïd el-Fitr) : Les églises et mosquées de Casamance célèbrent Pâques avec un message d’espoir et de lumière au milieu des conflits. Korité est fêtée dans la joie et la fraternité, renforçant l’unité communautaire malgré les défis sécuritaires.
Mai-juin (Tabaski) : La fête de Tabaski est marquée par la foi, l’unité et des appels à la paix dans les sermons. Cependant, des incidents comme des explosions de mines blessant des civils (par exemple à Sarah Coundia) et des embuscades du MFDC contre l’armée sénégalaise (tuant plusieurs soldats à Badême et Mongone) soulignent la fragilité de la province. Un officier sénégalais, lieutenant-médecin, est capturé l’arme à la main et fait prisonnier de guerre par les combattants Atika du MFDC
Événements divers : Retour du rite ancestral Boukout à Thiobon après 42 ans d’interruption, symbolisant un renouveau culturel. Hécatombe de dauphins à Cap-Skirring, ignorée par les autorités, soulève des préoccupations environnementales. Rencontre historique entre PASTEF et MFDC à Goudomp, vue comme un tournant vers l’indépendance.

Juillet à août : Commémorations et tensions croissantes

• 25 juillet : 30e anniversaire de la victoire du MFDC à Babonda (1995), où 38 soldats sénégalais avaient été tués. Les commémorations renforcent l’esprit indépendantiste.
• 19 août : 28e anniversaire de l’embuscade de Mandina Mancagne (1997), avec 33 soldats sénégalais neutralisés. Mémoire amère qui ravive les appels à la justice.
• Autres : Expulsion de journalistes (Al Jazeera et AFP) par la gendarmerie sénégalaise, soulignant la censure. Grève de la faim de René Capain Bassène (journaliste emprisonné), suspendue après une visite épiscopale. La France appelle à la vigilance extrême pour ses ressortissants en raison des risques sécuritaires.

Septembre à octobre : Mobilisations et alertes sécuritaires

• 6-7 septembre : « Journées de la Casamance retrouvée« , événements visant à unifier les factions du MFDC, dénoncer la répression coloniale et mettre en lumière les violations des droits humains (dont le cas de René Capain Bassène).
8 septembre : Communiqué du MFDC Haute Casamance affirmant que « La Casamance marche résolument vers sa liberté« .
• 12 septembre : Anciens membres du MFDC rappellent à l’État sénégalais ses engagements post-accord de paix.
• 20 septembre : Combattants du MFDC placés en alerte maximale face aux tensions persistantes.
21 septembre : Journée internationale de la paix célébrée localement, avec des appels à accélérer le processus de paix, y compris la libération d’otages et le développement économique.
• Septembre (date imprécise) : Arrestation brutale d’Amidou Djiba, porte-parole du MFDC à Mangoukouro, qualifiée de « kidnapping » et suivie de son transfert à la prison de Rebeuss. Le MFDC dément des rumeurs de libération et exige la libération de 22 prisonniers politiques.
• Octobre : Rébellion contre l’exploitation de zircon à Niafrang et de phosphate, refusés par les populations locales. Mobilisation unie du MFDC en Haute et Moyenne Casamance pour l’avenir.

Novembre à décembre : Escalades militaires et visite présidentielle controversée

Novembre : Commémoration du massacre de Djifanghor (3 novembre 1998, 27e anniversaire), marquée par des appels à la justice après 27 ans de silence et d’injustice. Renforcement des positions militaires sénégalaises à Saré Yoba, Diouloulou et ailleurs ; déploiement de drones de surveillance. Combattants du MFDC en état d’alerte maximale face à l’escalade militaire de Diomaye Faye.
10 novembre : Discours d’Ousmane Sonko (Premier ministre) à Dakar, critiqué pour son silence éloquent sur le conflit casamançais, perçu comme une trahison malgré ses origines régionales.
• 11 novembre : L’officier sénégalais capturé par les forces du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) a été libéré hier, mardi 11 novembre. Retenu depuis le 16 avril lors d’une embuscade à Mongone, au nord de Bignona, ce Médecin-Lieutenant du 2ème Bataillon de Saint-Louis est désormais de retour à Dakar, sain et sauf.
• 13 décembre : Annonce de la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance (20-25 décembre), vue comme une provocation en raison des promesses non tenues et des traumas historiques.
• 20-25 décembre : Tournée du président Faye à Ziguinchor, Oussouye et Sédhiou, axée sur le « Plan Diomaye pour la Casamance » (infrastructures, santé, agriculture). Elle se solde par un accueil glacial, des rues vides et un camouflet politique, reflétant la méfiance profonde. Des protestations éclatent à Bignona contre les forces de défense sénégalaises.
Noël : Célébrations empreintes de ferveur et d’espoir, malgré les tensions.
• Autres événements de fin d’année : Libération d’un officier sénégalais prisonnier de guerre par le MFDC, potentiellement ouvrant un nouveau chapitre. Faux communiqué sur cette libération, attribué aux services secrets sénégalais. Occupation militaire à Diouloungué (112 soldats), avec disparitions signalées de deux jeunes filles. Rejet du projet d’exploitation de zircon à Niafrang.

Bilan global et thèmes transversaux

L’année 2025 a vu plusieurs décès notables : Mamadou Kélountang Diémé (figure historique du MFDC), Ankiling Diabone (légende du judo), Moustapha Tamba (sociologue), Léopold Abba Diatta (maire de Diembéring) et Edmond Bora (défenseur de la liberté). Des embuscades récurrentes (Kadialou, Badême, Mongone) ont causé des pertes de plusieurs militaires sénégalais, tandis que les civils souffrent de mines et de militarisation (drones oppressants). Le MFDC reste mobilisé, avec des appels à la restructuration et à la rupture totale avec le Sénégal. La quête d’indépendance persiste, comme le souligne une contribution de Bakary Sidibé : « Comme son palmier la Casamance fleurira ».

Balanta Mané

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