Casamance : Le sang versé pour la liberté : L’horreur non oubliée du 18 Décembre 1983
À ce jour du 42e anniversaire de la marche pacifique du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), le sang des martyrs casamançais crie encore justice. Le 18 décembre 1983, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants désarmés, brandissant des calebasses d’eau en symbole de paix pure, ont été fauchés par les balles impitoyables des militaires et gendarmes sénégalais. Contre l’amnésie orchestrée et la falsification éhontée de l’histoire, rappelons les faits avec une chronologie implacable : une répression barbare qui a transformé une quête légitime d’autodétermination en bain de sang. Ces héros pacifistes, tombés pour l’indépendance de la Casamance, méritent un hommage éternel – et une condamnation sans appel de l’État sénégalais qui a piétiné la vie humaine au nom d’une unité forcée.
Tout commence un an plus tôt, dans les ombres de la répression naissante. Le 23 décembre 1982, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, alors secrétaire général du MFDC, et son adjoint Mamadou Nkrumah Sané sont arrêtés de manière brutale et déportés à Dakar. Cette rafle musclée marque le début d’une escalade de violence d’État, visant à étouffer dans l’œuf un mouvement naissant pour l’indépendance casamançaise.
Trois jours plus tard, le 26 décembre 1982, plus de 100 000 personnes descendent dans les rues de Ziguinchor pour une marche pacifiste. Un drapeau blanc, symbole d’une paix espérée, est hissé sur la gouvernance. Mais la réponse sénégalaise est une boucherie : plus de 200 civils tués par la soldatesque, 400 arrestations suivies de tortures systématiques. Dans un acte d’une cruauté glaçante, le commissaire de police Cheikh Tidiane Kane exécute froidement sept personnes de son propre pistolet. Face à ce vide leadership, la direction politique du MFDC est confiée à une équipe de sept membres, dont les fondateurs de la section de Dakar : Landing Diédhiou, Ousmane Tamba, Bountou Badji et Siaka Diédhiou. Ces visionnaires, armés seulement de convictions, deviennent les piliers d’une résistance non violente.
L’année 1983 s’ouvre sur une tension palpable. Le 6 décembre, à Diabir près de Ziguinchor, huit agents infiltrés sénégalais sont massacrés en brousse – un incident isolé qui sert de prétexte à une répression accrue, bien que le MFDC maintienne son cap pacifiste.
Le 13 décembre 1983, la cour de sûreté de l’État sénégalais frappe un coup dur : neuf prévenus, dont l’abbé Diamacoune, Mamadou Nkrumah Sané, Mamadou Diémé et Sanoune Bodian, sont condamnés à cinq ans d’emprisonnement. Dix autres indépendantistes écopent de trois ans. Ces sentences iniques, prononcées sans preuves solides, visent à décapiter le mouvement.
C’est dans ce climat de terreur que survient le point culminant : le 18 décembre 1983. Près de 175 000 manifestants convergent pacifiquement à Ziguinchor, réclamant l’indépendance de la Casamance et la libération des prisonniers politiques. Parmi eux, des femmes courageuses portent des calebasses d’eau, emblème ancestral de pureté et de non-violence, défiant les fusils par leur seule dignité. Mais l’armée sénégalaise intervient avec une férocité inouïe : plus d’une centaine de victimes tombent sous les balles dont le vaillant Aliou Badji, et 700 personnes sont arrêtées, dont les organisateurs clés comme Ousmane Tamba (aujourd’hui représentant du MFDC en Suisse), le médecin Landing Diédhiou, le journaliste-photographe Clément Sambou, Loulou Tendeng (responsable des jeunes agriculteurs du Kassa), Ibou Camara (conseiller villageois), Mamadou Bâ (professeur d’histoire) et Auguste Sambou (professeur de collège). Ces militants, désarmés et déterminés, incarnent le summum du pacifisme – magnifiés par leur sacrifice face à une machine répressive déchaînée.
Les suites sont un catalogue d’atrocités : tortures généralisées, disparitions sommaires, assassinats ciblés. Une dizaine de détenus sont jetés à la mer lors de leur déportation vers le Sénégal, effacés comme des ombres. Des centres de torture s’ouvrent à Dakar – dans les gendarmeries de Thionk, Thiaroye et Colobane, au ministère de l’Intérieur et au commissariat central – transformant la capitale en antichambre de l’enfer.
Le 23 janvier 1984, 76 femmes casamançaises détenues à la prison centrale de Reubeus à Dakar osent manifester contre les tortures et les conditions inhumaines. Leur bravoure est récompensée par plus de sévices : toutes sont torturées et transférées à la prison de Rufisque.
En février 1984, l’abbé Diamacoune séparé d’Ousmane Tamba son jeune dauphin avec qui il a souhaité partager la cellule 11, est déplacé de Reubeus à la prison de Thiès, à 75 km de Dakar, isolé pour briser son esprit. Pendant ce temps, Robert Sagna, ministre sénégalais de l’Équipement, s’empare de la mairie de Ziguinchor après la défection de Mamadou Abdoulaye Sy, un Toucouleur du Sénégal – une manœuvre politique qui renforce l’emprise coloniale.
Face à cette oppression, la résistance s’organise : en février 1984 toujours, les Forces Combattantes du MFDC, baptisées « ATIKA« , naissent dans le maquis casamançais. Dirigées par Sidy Badji, elles visent à contrer l’occupation militaire par les armes, jusqu’à l’indépendance – une évolution forcée par la barbarie de l’État.
Enfin, le 7 avril 1984, le Sénégal porte un coup symbolique : interdiction officielle du mot « Casamance », division administrative en deux régions de Ziguinchor, et nomination d’un gouverneur militaire. Une tentative grotesque d’effacer une identité millénaire.
Quarante-deux ans plus tard, ces martyrs – ces femmes aux calebasses, ces leaders visionnaires, ces civils innocents – ne doivent pas sombrer dans l’oubli. Leur sang versé condamne irrémédiablement la répression sénégalaise, un crime contre l’humanité qui appelle à la vérité et à la justice. Le MFDC, né de la paix en mars 1947, reste un phare pour les opprimés. Que leur mémoire nous arme contre la déformation historique : la Casamance libre n’est pas un rêve, mais un droit inaliénable.
Antoine Bampoky

Bapoulo
Je souligne que le Sénégal et ses présidents n’ont toujours rien compris de la Casamance et des Casamançais. Ils se concentrent que sur la manière de maximaliser leurs profits économiques et financiers en Casamance en pensant qu’à l’exploitation à outrance des ressources. Je tiens simplement à vous dire que vous ne comprenez toujours rien aux Casamançais. Messieurs et Mesdames du Sénégal, vous vous trompez sur l’essentiel : le moteur de notre résistance n’est ni la peur, ni l’argent, comme chez vous au Sénégal. Notre lutte n’est pas axée sur le commerce et le profit, ni sur la capitalisation et la rentabilité ou ce que vous appelez développement. Il s’agit de résoudre les problèmes les plus importants de l’État. Il s’agit de devoir de vérité, de justice, de paix et d’indépendance pour notre patrie la Casamance, au cas où vous ne l’auriez pas compris. Retenez : LA CASAMANCE A SES MORTS POUR LA PATRIE.
Pedro
je crois que lapaix entre le Sénégal et la Casamance n’est pas pour aujourd’hui avec Diomaye. Celui qui a tourné le dos à son mentor Ousmane Sonko ne fera pas mieux que Abdou Diouf, Wade et Macky Sall. Tous les mêmes walaye
catacasa
complot sur complot, trahison sur trahison, mensonges après mensonges,les sénégalais sont considérés à juste titre comme les traîtres de l’afrique
cecilie
Les crimes impugne de Dakar et du Sénégal ne doivent pas etre oubliées, invicta felix.
Vive la Casamance
Fatima
les femmes casamançaises à l’image de aline sitoé diatta resisteront toujours meme en prison.
Zeus
Les faits du 18.12.1983 sont très douloureux. prière aux martyrs
VIVE LA CASAMANCE
Talling Talling
Notre digne et fière population attend des signes pour des pourparlers de paix dans la vérité et la justice. La posture pour mettre fin aux excès sénégalais et stopper toutes les violations doit continuer. Vive la Casamance libre et indépendante, invicta felix
Koumpo Boudodi
Ma vieille maman se rappelle et elle prie pour toute l’équipe. Notre histoire ne doit pas être salie par les étrangers.. Merci