Casamance : squelettes et trésors volés, la France doit rendre justice !
Dans les vitrines des musées français, des squelettes humains et des trésors sacrés arrachés à la Casamance gisent comme des trophées macabres d’un passé colonial que la France refuse encore d’affronter pleinement. Le roi Sihalébé Diatta, figure sacrée de la résistance casamançaise, repose sous le numéro 19822 au Musée de l’Homme à Paris, exposé comme une relique d’une conquête brutale. La reine Aline Sitoé Diatta, prophétesse de la liberté, est morte en exil à Tombouctou, au Mali, en 1944, sous le joug colonial français, et ses restes n’ont jamais été rendus à sa terre natale. La Casamance, fière et blessée, réclame justice : le retour de ses héros, de ses biens culturels pillés, et la vérité sur un passé de violences impunies.
Une blessure ouverte : le pillage colonial de la Casamance
Pendant des décennies, la colonisation française a dépouillé la Casamance de son âme. Masques, statues, trônes et objets sacrés diolas, symboles de la spiritualité et de l’identité d’un peuple, ont été arrachés par la force des armes et transportés vers les musées parisiens, comme le Quai Branly ou le Louvre. Parmi ces trésors volés, les artefacts des royaumes d’Oussouye et de Kabrousse, où régnaient Sihalébé Diatta et Aline Sitoé Diatta, incarnent la résistance farouche d’un peuple face à l’oppression.
Mais le vol ne s’est pas limité aux objets. Les restes du roi Sihalébé Diatta, capturé en 1903 et mort en détention après une grève de la faim de 100 jours, ont été emportés à Paris via Dakar, où ils sont exposés sans respect pour leur caractère sacré. Pour les Diolas, les Peuls, les Mandingues, les Mancagnes, les Manjaques, les Bassaris, cette profanation est un sacrilège : un roi, figure religieuse, ne peut être arraché à son territoire sans souiller l’équilibre spirituel de la communauté. Quant à Aline Sitoé Diatta, surnommée la « Jeanne d’Arc africaine« , elle fut arrêtée en 1943 à l’âge de 24 ans, torturée, et déportée à Tombouctou après la prison à Saint-Louis du Sénégal, où elle succomba plusieurs années plus tard. Ses squelettes restent gardés dans le plus grand secret franco-sénégalais avec le silence complice des autorités actuelles sénégalaises, soucieuses d’éviter de raviver les tensions casamançaises, amplifie la douleur d’un peuple orphelin de ses héros.
Le scandale des musées français : 90 000 objets africains en otage
Le rapport Sarr-Savoy de 2018, commandé par Emmanuel Macron, a jeté une lumière crue sur l’ampleur du pillage colonial : environ 90 000 objets africains, dont 46 000 au seul musée du Quai Branly, sont conservés en France. Ces œuvres, arrachées par la violence ou la ruse, privent les peuples africains de leur patrimoine et de leur histoire. Felwine Sarr, pourtant sénégalais, co-auteur du rapport, ne dit aucun mot sur la Casamance, et dénonce cependant : « 80 à 85 % du patrimoine culturel matériel africain se trouve en Europe occidentale ». Une expropriation massive qui, selon l’historien Mbaye Guèye, aussi sénégalais, visait à « déposséder les Africains de leur culture matérielle » pour mieux les soumettre.
Pourtant, sept ans après le discours de Ouagadougou où Macron promettait des restitutions massives, les avancées restent dérisoires. En 2021, la France a restitué 26 œuvres au Bénin et un sabre au Sénégal. En 2025, elle s’apprête à rendre le tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire. Des gestes symboliques, certes, mais bien insuffisants face à l’ampleur du crime colonial. Pourquoi la Casamance, berceau de résistances héroïques, reste-t-elle ignorée ? Pourquoi les squelettes de ses héros sont-ils toujours prisonniers des musées parisiens ?
La Casamance debout : une exigence de vérité et de liberté
La Casamance ne se taira pas. La Diaspora Casamançais ne démord pas. À Oussouye, à Kabrousse, les voix s’élèvent pour exiger le retour des restes de Sihalébé et d’Aline Sitoé Diatta, ainsi que des objets sacrés qui incarnent leur lutte. Ousmane Tamba, le leader historique indépendantiste du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance en Suisse le proclame avec force : « Pour la justice et la mémoire, la Casamance doit honorer ses héroïnes et ses héros. La restitution des êtres et des biens de la Casamance est un acte de résistance et de lutte pour tout Casamançais ». Les lycéennes casamançaises, lors des Journées Culturelles Aline Sitoé Diatta en 2004, avaient déjà lancé cet appel poignant : ramenez Aline chez elle.
Mais la restitution ne peut se limiter à des objets ou des ossements. Elle exige une reconnaissance des crimes coloniaux : les villages brûlés, les populations terrorisées, les résistants torturés. Les lettres de Louis Faidherbe, gouverneur de l’Afrique occidentale française, vantant la destruction de villages casamançais et le massacre de leurs habitants, témoignent de cette barbarie. La France, qui se drape dans les valeurs des droits humains, doit affronter ce passé sans détour.
Un appel à la France et au monde : justice pour la Casamance !
La Casamance, jalouse de sa vérité, de sa justice et de sa liberté, interpelle la France et la communauté internationale. Restituez les squelettes de Sihalébé Diatta et d’Aline Sitoé Diatta à leur terre sacrée. Rendez les trésors pillés qui dorment dans vos musées. Admettez la violence coloniale et engagez-vous dans une réparation sincère. Chaque jour où ces héros restent exilés, chaque jour où leurs objets sacrés sont exposés comme des curiosités, est une insulte à la dignité d’un peuple.
À Paris, Berlin, Londres, les musées doivent cesser d’être des mausolées de la honte coloniale. La Casamance, comme le Bénin, le Mali ou la Côte d’Ivoire, mérite de retrouver son patrimoine et sa mémoire. La France, qui a voté à l’unanimité pour rendre le tambour Djidji Ayôkwé, doit aller plus loin : une loi-cadre pour des restitutions massives, comme le réclame l’historien Bénédicte Savoy, est une urgence.
Peuple de France, peuple du monde, entendez la voix de la Casamance ! Ces squelettes ne sont pas des objets d’étude, ces trésors ne sont pas des décorations. Ce sont l’âme d’un peuple, le sang de ses héros, l’héritage de ses enfants. La justice ne peut attendre. La liberté ne se négocie pas.
Emile Tendeng

Toupane
Bravo Emile pour ta sortie. Tous nos ancêtres déportés injustement par le colon doivent se reposer tranquillement en Casamance. Que le Seigneur nous aide à accomplir cette noble mission. Amen