Casamance : Visite de Diomaye Faye dans un contexte de méfiance persistante
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a entamé samedi une visite à faible visibilité en Casamance, marquée par un conflit de 43 ans, dans un contexte de méfiance persistante et de demandes pressantes liées à la paix et aux conséquences humaines de la guerre.
Le chef de l’État est arrivé à l’aéroport de Cap Skirring sans accueil populaire notable. Aucune mobilisation de masse n’a été observée à Ziguinchor, principal centre urbain du pays de la Reine Aline Sitoé Diatta. Plusieurs acteurs locaux évoquent une lassitude des populations face aux promesses répétées des autorités sénégalaises, rarement suivies d’effets concrets.
La Casamance reste affectée par un conflit armé opposant l’État du Sénégal aux indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) depuis 1982, le plus ancien conflit encore actif en Afrique. Malgré une baisse des affrontements ces dernières années, des poches de résistance subsistent partout, freinant les investissements et la reconstruction.
Vendredi, le collectif citoyen « L’Heure est grave » a tenu une réunion d’urgence, saluant la visite présidentielle tout en alertant sur l’état jugé critique du pont Émile Badiane, infrastructure stratégique pour la circulation des personnes et des biens en Casamance et dans la sous-région.
Dans le même temps, d’anciens soldats de la classe 98/2 de l’armée sénégalaise ont interpellé publiquement le président sur la situation des militaires blessés lors des opérations en Casamance. Selon leur porte-parole, Modo Fall, plusieurs soldats vivent avec des handicaps lourds, notamment des pertes de vue et des invalidités permanentes, dans des conditions jugées insuffisamment prises en charge par l’État.
À Ziguinchor, Bassirou Diomaye Faye a débuté sa tournée par la visite du chantier de l’aéroport régional, un projet en retard depuis plus de trois ans. Il a ensuite rencontré les élus locaux des régions de Ziguinchor et de Sédhiou. D’après plusieurs participants, les échanges ont été dominés par une même exigence : la paix comme préalable à toute politique de développement.
Les élus ont insisté sur le fait que les projets économiques, sociaux et de désenclavement resteront limités tant que le conflit ne sera pas définitivement réglé.« Sans paix durable, il ne peut y avoir de développement viable en Casamance », a résumé un élu local à l’issue de la rencontre.
Le président a également effectué une visite de courtoisie à la mère du Premier ministre Ousmane Sonko, figure politique originaire de la Casamance.
Cette visite présidentielle, qui se poursuit jusqu’au 25 décembre, intervient alors que les attentes restent élevées mais que la confiance demeure fragile dans une Casamance largement indépendantiste où plus de quatre décennies de conflit ont laissé des milliers de déplacés, des terres minées et une économie durablement affaiblie.
Samsidine Badji (SAM)

Bapoulo
Je souligne que le Sénégal et ses présidents n’ont toujours rien compris de la Casamance et des Casamançais. Ils se concentrent que sur la manière de maximaliser leurs profits économiques et financiers en Casamance en pensant qu’à l’exploitation à outrance des ressources. Je tiens simplement à vous dire que vous ne comprenez toujours rien aux Casamançais. Messieurs et Mesdames du Sénégal, vous vous trompez sur l’essentiel : le moteur de notre résistance n’est ni la peur, ni l’argent, comme chez vous au Sénégal. Notre lutte n’est pas axée sur le commerce et le profit, ni sur la capitalisation et la rentabilité ou ce que vous appelez développement. Il s’agit de résoudre les problèmes les plus importants de l’État. Il s’agit de devoir de vérité, de justice, de paix et d’indépendance pour notre patrie la Casamance, au cas où vous ne l’auriez pas compris. Retenez : LA CASAMANCE A SES MORTS POUR LA PATRIE.