Guinée : l’opposant Cellou Dalein Diallo appelle au boycott du référendum constitutionnel
À trois jours du référendum constitutionnel prévu dimanche 21 septembre, la scène politique guinéenne reste polarisée. L’opposant Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a appelé ses partisans à ne pas se rendre aux urnes, dénonçant une « mascarade » électorale.
Un appel au boycott
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre est apparu en costume sombre, exhortant ses militants à rester chez eux. Selon lui, le scrutin ne vise pas à consulter véritablement les Guinéens, mais à « légitimer un coup d’État » et à permettre au général Mamadi Doumbouya de prolonger sa présence au pouvoir. Diallo affirme que même un vote négatif serait comptabilisé comme un soutien au projet par les autorités de transition.
Suspendu depuis la fin août, l’UFDG ne prend pas part officiellement à la campagne. Son leader concentre ses critiques non pas sur le texte constitutionnel lui-même, mais sur la gestion de la transition et ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire.
La position du gouvernement
De son côté, l’exécutif met en avant la nécessité d’un retour à l’ordre constitutionnel. Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a récemment souligné que ce référendum représentait une étape incontournable pour sortir de la situation d’exception née du coup d’État militaire de 2021. Il a par ailleurs appelé l’opposition à formuler des alternatives concrètes, plutôt qu’à rejeter le processus en bloc.
À travers le pays, les autorités et leurs alliés poursuivent la campagne en faveur du « oui », multipliant les déplacements et les rassemblements.
Un scrutin à forts enjeux
Près de 6,7 millions d’électeurs sont attendus aux urnes. Le texte soumis au vote est présenté par le gouvernement comme le socle du retour à la vie constitutionnelle, mais il est contesté par une partie de la classe politique et de la société civile qui y voient un instrument de consolidation du pouvoir du chef de la transition.
Pour les partisans du boycott, la crainte est que le processus électoral n’offre pas de garanties suffisantes en termes de transparence et d’équité. Pour les défenseurs du référendum, il s’agit d’un passage obligé afin d’éviter une prolongation indéfinie de la transition militaire.
Le regard extérieur
La communauté internationale observe de près ce rendez-vous électoral. Les partenaires régionaux et internationaux de la Guinée insistent sur la nécessité d’un processus inclusif et transparent, condition jugée essentielle pour stabiliser durablement le pays.
Saliou Cissé
