Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Situation confuse après l’annonce d’un coup d’Etat par des militaires

Situation confuse après l’annonce d’un coup d’Etat par des militaires

Situation confuse après l’annonce d’un coup d’Etat par des militaires

Une situation confuse régnait dimanche matin au Bénin après qu’un groupe de militaires se présentant comme le Comité militaire pour la refondation (CMR) a annoncé à la télévision publique avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon, qui devait quitter le pouvoir en avril prochain après l’élection présidentielle.

Le signal de la télévision nationale a été interrompu peu après la diffusion du message des militaires. Dans la matinée, des soldats bloquaient les accès au siège de la chaîne publique et à la présidence, selon un journaliste de l’AFP sur place. L’accès à plusieurs zones sensibles de Cotonou, dont le Sofitel et des quartiers abritant des institutions internationales, était également restreint. Aucune présence militaire notable n’était signalée dans le reste de la ville, où l’activité se poursuivait normalement.

Une source proche du président Talon a affirmé que le chef de l’État était « en sécurité » et que l’armée régulière avait « repris le contrôle ». Selon cette source, le groupe ayant fait irruption à la télévision ne serait qu’un « groupuscule » et « la ville et le pays sont totalement sécurisés ».

L’ambassade de France a indiqué sur X que des « coups de feu » avaient été signalés à proximité du domicile du président à Cotonou, appelant les ressortissants français à rester chez eux par précaution.

Une source militaire a de son côté assuré que la situation était « sous contrôle » et que les auteurs de l’annonce n’avaient pris « ni le domicile du chef de l’État, ni la présidence de la République ». Les opérations pour rétablir l’ordre étaient en cours, selon cette même source.

Le Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest frontalier du Togo, du Nigeria, du Niger et du Burkina Faso, a connu plusieurs coups d’État depuis son indépendance. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, doit achever en 2026 son second et dernier mandat autorisé par la Constitution. Le scrutin présidentiel prévu en avril doit opposer le parti au pouvoir à un candidat d’opposition « modéré », l’un des principaux partis d’opposition ayant été écarté de la compétition.

Sous Talon, le pays a enregistré une croissance économique soutenue mais fait face à une intensification des violences djihadistes dans le nord. Le président est par ailleurs critiqué par ses adversaires, qui l’accusent d’avoir restreint l’espace démocratique dans un pays longtemps considéré comme un modèle de stabilité politique dans la région.

La situation restait évolutive dimanche en fin de matinée, aucune communication officielle n’ayant été diffusée par les autorités civiles ou militaires.

Saliou Cissé

Propager la liberté et l'indépendance de s'informer

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page