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Turkménistan :  Poutine, Erdogan et Pezeshkian pour un forum international sur la paix

Turkménistan :  Poutine, Erdogan et Pezeshkian pour un forum international sur la paix

Le Turkménistan a accueilli vendredi plusieurs dirigeants étrangers, dont les présidents russe Vladimir Poutine, turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Massoud Pezeshkian, à l’occasion d’un forum international consacré à la paix, à la confiance et à la neutralité de cet État d’Asie centrale riche en gaz.

L’événement marque le 30e anniversaire de la proclamation de la « neutralité permanente » du Turkménistan, statut reconnu par les Nations unies en 1995. Le président turkmène Serdar Berdymoukhamedov a salué cet anniversaire dans un article publié par le journal d’État Turkmenistan Today, affirmant que son pays menait « un vaste travail visant à transformer notre pays neutre en un État puissant, démocratique et fondé sur l’État de droit », sans donner davantage de détails.

Le forum se tient dans la capitale Achgabat, au moment où le Turkménistan, pays de sept millions d’habitants recouvert en grande partie par le désert du Karakoum, tente de valoriser son image internationale tout en poursuivant une politique étrangère largement axée sur la neutralité et l’autosuffisance. Il détient les quatrièmes plus importantes réserves mondiales de gaz naturel et maintient des relations étroites avec la Chine, la Russie, l’Iran et la Turquie.

Depuis son indépendance en 1991, le pays n’a connu que trois présidents. Après la longue présidence de Saparmourat Niazov, la famille Berdymoukhamedov dirige de facto le pays depuis près de deux décennies. Serdar Berdymoukhamedov a succédé en 2022 à son père Gourbangouly, qui conserve un rôle politique dominant et fait l’objet d’un culte de la personnalité, tout comme son fils.

La doctrine de neutralité, pilier de l’idéologie officielle, s’accompagne d’une politique d’isolement strict. Les organisations internationales de défense des droits humains décrivent le Turkménistan comme l’un des États les plus fermés au monde, où l’accès aux médias indépendants, aux ONG étrangères et à de nombreux réseaux sociaux reste extrêmement limité.

Malgré ses importantes ressources énergétiques, le pays est confronté à des défis environnementaux croissants. Les scientifiques alertent sur la pénurie d’eau due au changement climatique et à l’irrigation intensive, notamment pour la culture du coton. Le cratère gazier de Darvaza, surnommé les « Portes de l’enfer » et en combustion continue depuis 1971, symbolise également les problèmes liés aux émissions de méthane. Selon l’Agence internationale de l’énergie, le Turkménistan figurait en 2024 parmi les plus grands émetteurs de ce gaz à effet de serre.

Le gouvernement met par ailleurs en avant certains éléments du patrimoine national, comme les chevaux akhal-teke et les chiens alabaï, auxquels sont consacrés des journées nationales et des monuments dans le pays.

Les discussions du forum d’Achgabat se déroulent alors que les relations entre les dirigeants conviés et les pays occidentaux restent tendues, notamment en raison de leurs politiques régionales et de leurs différends diplomatiques. Les autorités turkmènes n’ont pas communiqué de détails sur d’éventuelles déclarations communes ou accords conclus lors de la rencontre.

Ibou Camara

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