Afrique du Sud : Le nouvel ambassadeur américain convoqué
L’Afrique du Sud a convoqué mercredi le nouvel ambassadeur des États-Unis, Leo Brent Bozell III, pour qu’il s’explique sur des déclarations qualifiées de « non diplomatiques », moins d’un mois après son arrivée à Pretoria.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a indiqué que l’ambassadeur avait été appelé à répondre de ses propos tenus la veille devant des chefs d’entreprise. Bozell avait notamment qualifié de « discours de haine » le chant historique de lutte anti-apartheid « Kill the Boer, Kill the farmer » (« Tuez le Boer, tuez le fermier »), malgré plusieurs décisions de la justice sud-africaine, y compris de la Cour constitutionnelle, qui considèrent ce slogan comme un symbole de résistance au régime ségrégationniste et non comme une incitation à la violence.
« Je suis désolé mais je n’ai que faire de ce que disent vos tribunaux, c’est un discours de haine », aurait déclaré l’ambassadeur, selon des participants à la rencontre.
Mercredi, Bozell a partiellement rétropédalé sur X : « Mon opinion personnelle, partagée par de nombreux Sud-Africains, est que “Kill the Boer” est un discours de haine, mais le gouvernement des États-Unis respecte l’indépendance et les conclusions du système judiciaire sud-africain. »
Le ministre Lamola a également réfuté les critiques de l’ambassadeur contre les politiques de discrimination positive (Broad-Based Black Economic Empowerment), destinées à corriger les inégalités héritées de l’apartheid. « Ce ne sont pas du racisme inversé, contrairement à ce qu’a laissé entendre l’ambassadeur. C’est un impératif constitutionnel que nous ne renoncerons jamais », a-t-il insisté.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte bilatéral déjà dégradé. Les États-Unis reprochent à Pretoria sa plainte pour génocide contre Israël devant la Cour internationale de Justice, ses relations avec l’Iran et ce que Washington présente comme une persécution des Afrikaners. En mai 2025, Donald Trump avait diffusé une vidéo de Julius Malema chantant « Kill the Boer » lors d’une rencontre avec Cyril Ramaphosa, qui avait rappelé que Malema était un opposant politique.
Malgré ces frictions, les deux pays maintiennent des liens économiques significatifs et Pretoria affirme son attachement au dialogue tout en défendant sa souveraineté.
Maléguène
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