Burkina Faso : sept hauts magistrats et douaniers condamnés pour corruption
Sept hauts magistrats et agents des douanes ont été condamnés mardi à des peines de prison ferme au Burkina Faso pour corruption et complicité de corruption, dans le cadre d’un procès emblématique de la campagne anticorruption menée par la junte militaire au pouvoir depuis 2022.
Le tribunal de grande instance de Koupéla, dans l’est du pays, a jugé dix prévenus au total. Sept ont été reconnus coupables, tandis que trois magistrats et un avocat ont été relaxés au bénéfice du doute pour des charges incluant la soustraction de pièces de procédure, le blanchiment de capitaux et la violation du secret professionnel. Les peines prononcées vont de deux à dix-huit mois de prison ferme, assorties d’amendes comprises entre 4 et 5 millions de francs CFA (environ 6.000 à 7.600 euros).
Parmi les condamnés figure Urbain Medah, président de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou et ancien président du procès sur l’assassinat de Thomas Sankara. Il a écopé de 15 mois de prison, dont deux ferme, et d’une amende de 5 millions de francs CFA.
Sandaogo Antoine Kaboré, chef d’un syndicat de magistrats, a été condamné à une peine similaire pour complicité de corruption d’agents publics. Alban Somé a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, notamment pour révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé. Mohamed Traoré a reçu deux ans de prison, dont un an ferme, pour complicité de corruption.
Les trois douaniers jugés dans la même affaire ont été condamnés à des peines allant de deux à dix-huit mois ferme.
La junte, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, affirme s’inspirer de l’héritage de Thomas Sankara, qui avait fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de son action avant son assassinat en 1987. Si les autorités présentent ce procès comme la preuve d’une volonté de moralisation de la vie publique, des organisations de défense des droits humains accusent régulièrement le régime de restreindre l’espace critique et les libertés publiques.
Saliou Cissé
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.
