Casamance : un carnage annoncé, l’armée sénégalaise humiliée, et la paix promise qui s’effrite encore ?
Les affrontements sanglants ont bien eu lieu jeudi 12 mars 2026 au nord de Bignona, près de Sindian, dans cette zone du Fogny où l’État sénégalais continue de jouer avec le feu.
Bilan côté armée : un militaire tué et au moins six blessés graves, selon le communiqué dit officiel de la DIRPA relayé par plusieurs sources locales et médias sénégalais.
Un carnage ? Presque. Les indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), eux, revendiquent avoir encerclé et « anéanti » l’unité adverse, six soldats sénégalais tués, laissant les corps sur le terrain jusqu’au soir pour permettre leur récupération. « Ils étaient sans issue, la bataille est impitoyable », nous confiait un combattant contacté sur place. Des prisonniers auraient été capturés, affirment d’autres voix dans la brousse – information non vérifiée, mais qui circule avec insistance.
Les militaires auraient été surpris après leur petit-déjeuner, juste avant une opération prévue dans les environs de Koulatiaye. Une embuscade ? Une riposte brutale à une « occupation » que les populations locales dénoncent depuis des décennies ? Les deux, sans doute. Les tirs ont résonné dans la forêt dense, là où les réseaux téléphoniques agonisent et où la vérité se fraie un chemin au compte-gouttes via les villageois terrifiés.
Et pendant ce temps, Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement paradent avec les « avancées » du « Plan Diomaye pour la Casamance » et les accords signés en février 2025 à Bissau que la grande majorité visiblement des indépendantistes casamançais, piétine allègrement. Un an après ces grandes déclarations de paix, voilà que le sang coule à nouveau dans le nord Sindian, à peine trois semaines après une embuscade qui avait déjà coûté la vie à deux soldats fin février 2026. La question fuse, brutale : où est la paix promise ? Où est la « cessation définitive des hostilités » quand des unités entières se font décimer à quelques kilomètres des axes que l’on prétend sécuriser ?
La Casamance, ce joyau agricole, minier, pétrolier et touristique, reste otage d’un conflit qui traîne depuis 1982 – le plus ancien d’Afrique encore actif par intermittence. Les racines plongent jusqu’en 1947 avec Victor Emuhemba Diatta, mais les promesses, elles, se fanent à chaque saison des pluies. Les civils de Koulatiaye et des villages riverains tremblent toujours, coincés entre les balles et les mines. Un responsable de la branche Atika du MFDC le martèle : « La priorité, c’est la protection des populations. » Mais qui protège vraiment qui dans cette zone où l’armée avance et recule, où les indépendantistes tiennent encore le maquis ?
Certains médias officiels ou proches du pouvoir minimisaient déjà : « bandes armées », pas forcément MFDC, « plusieurs assaillants neutralisés ». Une novlangue qui sent la poudre et la communication de crise. La réalité est plus crue : l’État sénégalais perd des hommes, des véhicules, du terrain moral. Et la population, elle, continue de payer le prix fort d’une intégration forcée et armée du Sénégal coloniale même dans les villages. Le village de Toukara est envahi par les soldats sénégalais après la déroute de Koulatiaye. Quelle honte de prendre les populations en otage !
La Casamance n’attend plus des discours. Elle exige des actes. Tant que les factions irréductibles du MFDC garderont leurs armes et que l’armée continuera ses patrouilles musclées sans vrai dialogue inclusif, le cycle sanglant reprendra. Hier, six blessés graves. Demain ? Un nouveau Babonda? un nouveau Mandina Mankane? On n’ose même plus parier. La paix n’est pas une signature sur torchon de papier à Bissau avec des déserteurs ; c’est la fin des cercueils qui rentrent chaque mois à Dakar.
Antoine Bampoky
Commentaires (4)
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ewang
C’est triste paix à leurs Ames.
Mais tant que le Sénéfal menace toujours la Casamance, ils ne vont pas sans sortir.
Ils sont sur une Terre qui ne leurs appartient pas. Il faut le reconnaitre que la Casamance n’appartient pas, ni ne fait pas parti du Sénégal. Les prédésceurs à la Présidence de leut Pays le savent très bien de Senghor à Macky Sall. Ils doivent rentrer chez eux afin que la paix régne en Casamance. Si non ils vont toujours subir des humiliations. C’est eux Sénégalais qui sont des Rebelles, des Terroristes car ils ne font que trahir les accords signés en plus ils n’ont jamais respecté les Lois. De Superbe violeur de Lois.
Refusez de vous battre est la meilleure solution. Vous combattez contre vos frères.
Que leurs Ämes reposent en Paix.
Vive la Paix en Casamance.
Vive Attika et Oui pour la Libération de la Casamance qui est envahie par satan le sénégal.
Anonyme
Le gouvernement a considéré, les activités militaires en Casamance comme sécuritaires et légales. Qu’est-ce que cela change concrètement ? » » cela ne change en rien tant que le Mdc est toujours omnipresente-meme plus qu’avant cette date, cela ne change en rien sauf a demontrer aux sénégalais et au monde entier notre incapacite a trouver la paix. Pardon mais Diomaye n’est pas à la hauteur
Balla Moussa
Les sénégalais nous abusent et nous exploitent à merveilles. Ils dictent et commandent mais jusqu’à quand. Pire, quand un casamançais parle on ne le considère pas. Si tu as confiance en eux, ils te trahissent. Quarante-trois ans d’occupation criminelle, maintenant ces misérables opportunistes quittent la Casamance comme des rats. Les sénégalais ont leurs pions encore en Casamance. Préfets, gouverneurs, directeurs et les ong. Celà dit, VIVE LA CASAMANCE LIBRE ET INDEPENDANTE
Awagna2000
Vive atika et vive l’indépendance de la Casamance