Égypte / Éthiopie : Médiation de Donald Trump sur le partage des eaux du Nil
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les États-Unis étaient prêts à relancer leurs efforts de médiation entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de tenter de résoudre un différend de longue date sur le partage des eaux du Nil, un dossier sensible pour la stabilité de l’Afrique du Nord-Est.
Dans une lettre adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Trump a remercié Le Caire pour son rôle dans la médiation « réussie » d’un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, selon une copie du courrier consultée par Reuters.
« Dans l’esprit de notre amitié personnelle et de l’engagement de l’Amérique en faveur de la paix et du bien-être du peuple égyptien, je suis prêt à reprendre la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre de manière responsable la question du partage des eaux du Nil, une bonne fois pour toutes », a écrit Trump.
Le président américain a souligné « l’importance profonde » du fleuve Nil pour l’Égypte, dont plus de 90 % de la population dépend du cours d’eau pour son approvisionnement en eau douce. Il a ajouté que tout accord devait garantir les besoins à long terme de l’Égypte, mais aussi ceux du Soudan et de l’Éthiopie.
« Les États-Unis affirment qu’aucun État de cette région ne doit contrôler unilatéralement les précieuses ressources du Nil et désavantager ses voisins dans le processus », a-t-il écrit.
Le différend oppose depuis plus d’une décennie l’Égypte et l’Éthiopie autour du Grand barrage de la Renaissance (GERD), un projet hydroélectrique majeur construit par Addis-Abeba sur le Nil Bleu. L’Éthiopie considère le barrage comme essentiel à son développement économique, tandis que l’Égypte estime qu’il menace sa sécurité hydrique.
Des tentatives de médiation menées par l’Union africaine et les États-Unis ont jusqu’à présent échoué à déboucher sur un accord juridiquement contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage. Des diplomates estiment qu’une reprise de l’implication américaine pourrait relancer un processus au point mort, même si les positions des parties restent profondément divergentes.
Saliou Cissé
