Etats-Unis / Russie : Saisie par les États-Unis d’un pétrolier russe en haute mer
La Russie a fermement condamné la saisie par les États-Unis d’un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord, qualifiant l’opération américaine de violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, après que des forces américaines ont pris le contrôle du navire lors d’une opération en haute mer.
Le pétrolier, désormais nommé Marinera mais auparavant connu sous le nom de Bella 1, a été intercepté mercredi par des unités du Commandement européen des forces américaines (EUCOM) après plus de deux semaines de poursuite à travers l’Atlantique. Washington affirme que l’opération visait à appliquer des sanctions américaines contre un navire accusé de transporter ou d’être lié à du pétrole sanctionné, notamment en lien avec le Venezuela et d’autres entités ciblées.
Selon Moscou, le navire naviguait « en haute mer, en dehors des eaux territoriales de tout État » sous pavillon russe, après avoir reçu le 24 décembre 2025 une autorisation temporaire de se rattacher au registre maritime russe. Le ministère russe des Transports a déclaré que le recours à la force contre un navire dûment enregistré constituait une violation de la liberté de navigation garantie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé que des ressortissants russes figuraient parmi l’équipage et a demandé à Washington d’assurer un traitement « humain et digne » des marins, tout en appelant à leur retour rapide en Russie. Moscou a décrit l’opération américaine comme illégale et contraire aux normes internationales.
L’arraisonnement du Marinera intervient dans un contexte de durcissement des actions américaines visant à faire respecter ses sanctions pétrolières contre ce qu’elle qualifie de « flotte fantôme » de navires cherchant à contourner les restrictions. Des sources occidentales ont indiqué que le Royaume-Uni avait apporté un soutien opérationnel à l’opération américaine, notamment par des moyens de surveillance aérienne.
L’incident est susceptible d’aggraver les tensions déjà élevées entre Washington et Moscou, et pose de nouveau la question de l’application extraterritoriale des sanctions américaines et de la sécurité des navires sous pavillon national en haute mer.
Ibou Camara
