Etats-Unis : Washington va interdire l’aide étrangère aux programmes promouvant l’égalité de genre et la diversité
Les États-Unis s’apprêtent à élargir drastiquement les restrictions sur l’usage de leur aide étrangère en interdisant prochainement qu’elle bénéficie à des programmes favorisant l’égalité de genre, la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI), ont indiqué jeudi des responsables américains. Cette mesure s’ajoute aux règles existantes qui interdisent déjà le financement de certains services liés à l’avortement.
Le département d’État prévoit de publier vendredi des règles finales étendant la « politique dite de Mexico », un dispositif traditionnellement utilisé pour empêcher le financement d’ONG étrangères qui fournissent ou promeuvent l’avortement, afin d’y inclure ce que l’administration appelle l’« idéologie de genre » et les programmes DEI, a déclaré un haut responsable sous couvert d’anonymat. L’expansion couvre l’ensemble des plus de 30 milliards de dollars d’aide étrangère américaine, bien au-delà des quelque 8 milliards déjà soumis à la politique antérieure.
Les nouvelles règles s’appliqueront non seulement aux organisations non gouvernementales étrangères, mais aussi aux organisations internationales et aux ONG américaines opérant à l’étranger, selon l’administration. Les bénéficiaires devront certifier qu’ils n’utilisent pas les fonds pour promouvoir l’avortement comme méthode de planification familiale, l’« idée de genre » ou des initiatives DEI jugées discriminatoires.
La politique de Mexico, instaurée en 1984 sous Ronald Reagan, est traditionnellement révoquée par les administrations démocrates et rétablie par les républicaines. Elle avait déjà été remise en vigueur par l’actuel président Donald Trump après son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.
L’administration Trump a fait de la lutte contre ce qu’elle qualifie de « wokisme » — notamment les politiques de diversité et les droits des personnes transgenres — une priorité, ordonnant déjà des suppressions de programmes DEI au sein du gouvernement fédéral et réduisant considérablement certains volets de l’aide extérieure.
Les critiques des droits humains et de la santé publique estiment que l’expansion pourrait avoir des conséquences importantes, notamment en limitant le soutien des États-Unis à des initiatives de santé mondiale, de lutte contre la violence basée sur le genre et de promotion des droits fondamentaux dans les pays partenaires. Human Rights Watch et d’autres ONG ont auparavant averti que la réduction de l’aide étrangère américaine exposerait des populations vulnérables à des risques accrus sous des régimes répressifs.
La publication des règles finales interviendra concomitamment à la grande mobilisation annuelle anti-avortement prévue à Washington ce week-end, un contexte que les partisans de l’expansion de la politique présentent comme une victoire dans leur combat idéologique.
Cathy Manga
