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Guinée : Dissolution de 40 partis politiques, dont les principales formations d’opposition

Guinée : Dissolution de 40 partis politiques, dont les principales formations d’opposition

Le gouvernement guinéen a annoncé la dissolution de 40 partis politiques, dont plusieurs grandes formations d’opposition, pour « manquements à leurs obligations légales », selon un arrêté rendu public dans la nuit de vendredi à samedi à la télévision nationale.

Le texte, signé par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, précise que les partis concernés perdent immédiatement leur personnalité morale et leur statut juridique. Leurs activités politiques sont désormais interdites sur le territoire national ainsi que dans les représentations diplomatiques guinéennes à l’étranger.

Parmi les formations dissoutes figurent l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) dirigée par Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du Peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG-AEC) de l’ancien président Alpha Condé, et l’Union des Forces Républicaines (UFR) fondée par l’ex-Premier ministre Sidya Touré. Les dirigeants de ces partis vivent actuellement hors du pays.

L’arrêté prévoit également la mise sous scellés des sièges nationaux et des représentations locales de ces formations politiques. Leur patrimoine sera placé sous séquestre en attendant la nomination d’un liquidateur chargé d’en assurer la gestion et la dévolution.

Cette décision intervient dans un contexte de transition politique depuis la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) à la suite du coup d’État de septembre 2021 qui a porté le colonel Mamadi Doumbouya à la tête du pays.

Les autorités justifient ces dissolutions par l’application de la loi organique L-2025-035-CNT du 21 novembre 2025 régissant les partis politiques. Celle-ci exige notamment que les formations prouvent leur implantation dans les 33 préfectures du pays, garantissent au moins 30 % de femmes dans leurs organes décisionnels et fournissent des documents administratifs et fiscaux relatifs à leurs dirigeants.

Les partis disposaient d’un délai transitoire de six mois, du 25 novembre 2025 au 25 mai 2026, pour se conformer à ces nouvelles dispositions.

Plusieurs responsables politiques ont cependant critiqué la mesure. Ousmane Dady Camara, président du Rassemblement Guinée pour le Travail, a affirmé ne pas avoir reçu de notification préalable, tandis qu’Ansoumane Fofana, leader du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance, estime que ces exigences pourraient restreindre l’expression politique et fragiliser le jeu démocratique.

Cette décision intervient alors que la Guinée se prépare à organiser des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, étape clé du processus de transition politique.

Balanta Mané

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