Moyen Orient : L’Iran intensifie ses frappes au 12e jour de guerre avec les États-Unis et Israël, le détroit d’Ormuz et le Liban au cœur de l’escalade
Le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël est entré mercredi dans son douzième jour avec une intensification des combats sur plusieurs fronts, marquée par des frappes iraniennes décrites comme « les plus violentes » depuis le début de la guerre et une riposte militaire américaine et israélienne accrue dans la région.
Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir lancé une nouvelle vague de missiles et de drones visant des cibles israéliennes, notamment dans la région de Tel-Aviv, ainsi que des installations militaires américaines en Irak et dans le Golfe. Les autorités iraniennes ont présenté ces attaques comme « la plus lourde offensive » depuis le début des hostilités.
En réponse, les États-Unis et Israël ont poursuivi leurs bombardements contre des positions militaires iraniennes et des infrastructures liées à ses alliés régionaux, notamment au Liban.
Escalade autour du détroit d’Ormuz
Les tensions se sont également concentrées autour du détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial. Washington a annoncé avoir détruit 16 navires iraniens soupçonnés de pouvoir poser des mines dans cette voie maritime stratégique, après les menaces de Téhéran de bloquer les exportations de pétrole vers ses adversaires.
Plusieurs navires marchands ont été touchés par des projectiles non identifiés dans le détroit et au large des Émirats arabes unis, alimentant les craintes d’une extension du conflit vers le domaine maritime et d’une perturbation durable du commerce énergétique mondial.
La marine américaine a pour l’instant refusé de fournir des escortes systématiques aux pétroliers, jugeant les risques d’attaque trop élevés dans cette zone hautement militarisée.
Liban : frappes israéliennes et crise humanitaire
Sur le front libanais, l’armée israélienne a mené de nouvelles frappes massives sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, mais aussi sur le centre et l’est du pays. Selon les autorités locales, au moins 21 personnes ont été tuées mercredi matin dans ces raids.
Les Nations unies estiment désormais à plus de 750 000 le nombre de déplacés internes au Liban depuis le début de la guerre. La France a annoncé l’envoi d’environ 60 tonnes d’aide humanitaire et le triplement de son soutien d’urgence aux populations touchées.
Pressions économiques et mobilisation diplomatique
L’escalade militaire a provoqué une forte volatilité sur les marchés de l’énergie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé un déblocage sans précédent de réserves stratégiques de pétrole afin de stabiliser les prix, une mesure soutenue par les ministres de l’Énergie du G7.
Le président français Emmanuel Macron a réuni les dirigeants du G7 pour examiner les conséquences économiques et sécuritaires du conflit.
Positions internationales divergentes
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré que les opérations militaires américaines et israéliennes se déroulaient « en dehors du cadre du droit international » et a réaffirmé que l’Italie ne participerait pas à la guerre.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part affirmé que la Russie soutenait déjà l’Iran avec des drones et pourrait aller plus loin en fournissant des missiles ou des troupes.
La Corée du Nord a officiellement reconnu le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, et accusé Washington et Tel-Aviv d’être responsables de la déstabilisation régionale.
Situation intérieure tendue en Iran
Blessé lors d’une frappe au début du conflit, Mojtaba Khamenei a été déclaré « sain et sauf » par les autorités iraniennes, bien qu’il ne soit pas apparu publiquement.
Dans le même temps, les autorités ont averti que toute manifestation serait traitée comme une action d’« ennemis », signe d’un durcissement du pouvoir face aux tensions internes.
L’armée iranienne a également annoncé qu’elle pourrait désormais viser des « cibles économiques », notamment des centres financiers et des banques liés aux États-Unis et à Israël dans la région du Golfe, faisant craindre une nouvelle phase d’escalade dans un conflit déjà aux répercussions mondiales.
Ibou Camara
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