Nigeria : Le bilan de l’attaque dans l’État de Kwara porté à 170 morts, selon un député local
Le bilan de l’attaque armée survenue dans l’État de Kwara, dans le centre-nord du Nigeria, a grimpé à 170 morts, a déclaré jeudi un député local, alors que les autorités poursuivent les recherches de victimes et de survivants dans les zones boisées environnantes.
Saidu Baba Ahmed, représentant la circonscription de Gwanabe/Gwaria à l’Assemblée de l’État, a affirmé jeudi matin que 170 corps avaient été retrouvés, après qu’une première estimation des autorités locales faisait état de 75 victimes enterrées dans une inhumation collective la veille. « Nos populations sont encore dans la brousse à la recherche d’autres corps », a-t-il indiqué, ajoutant que 35 femmes avaient été enlevées et que des survivants s’étaient réfugiés dans la brousse.
Les attaques ont eu lieu mardi dans et autour des villages de Woro et Nuku, des communautés rurales isolées de la zone de gouvernement local de Kaiama, à la frontière des zones forestières, théâtre d’une recrudescence d’insécurité ces derniers mois.
L’ancien gouverneur de Kwara et ex-président du Sénat, Bukola Saraki, a condamné les tueries, qualifiant l’événement de « catastrophe nationale ». Il a appelé à une intervention fédérale directe et décisive, estimant que l’ampleur de la violence dépasse les capacités du gouvernement de l’État à y faire face.
De son côté, le gouverneur de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a annoncé que le président Bola Tinubu avait approuvé le déploiement immédiat d’un bataillon de l’armée dans le cadre de l’« Opération Savannah Shield » pour lancer des contre-offensives contre les assaillants.
L’insécurité s’est aggravée dans cette région du centre-nord, marquée par des attaques de groupes armés, des enlèvements et des déplacements de combattants fu- yant la pression militaire dans les États voisins du nord-ouest et du nord-centre du pays. Les forces de sécurité nigérianes tentent de reprendre le contrôle, mais les attaques contre des villages isolés se multipliant ont mis en lumière les défis persistants de l’État face à une violence armée diffuse.
Le Journal du Pays n’a pas pu immédiatement vérifier indépendamment le nouveau bilan de 170 morts auprès de responsables gouvernementaux. La Croix-Rouge nigériane avait auparavant cité un bilan de 162 morts tout en soulignant que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
Maleguène
