ONU : António Guterres dénonce la montée de « la loi du plus fort » et les atteintes croissantes aux droits humains
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé lundi la montée en puissance de « la loi du plus fort », fustigeant une « attaque de grande envergure » contre les droits humains à travers le monde, y compris via l’usage croissant de l’intelligence artificielle.
S’exprimant à l’ouverture d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, il a estimé que « l’état de droit est écrasé par la loi du plus fort », sans citer de pays en particulier.
« Cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants », a-t-il déclaré, ajoutant que les droits humains étaient « sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté ».
Selon lui, les conflits se multiplient, l’impunité progresse et les besoins humanitaires explosent, tandis que les financements diminuent, dans un contexte marqué par des coupes drastiques de l’aide extérieure américaine décidées par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
M. Guterres a également mis en garde contre l’utilisation des technologies, « en particulier l’intelligence artificielle », qui seraient de plus en plus employées pour réprimer, accentuer les inégalités et exposer les personnes marginalisées à de nouvelles formes de discrimination.
Dénonçant « la main de fer qui resserre l’espace civique », il a évoqué l’emprisonnement de journalistes et militants, la fermeture d’ONG, le recul des droits des femmes et l’exclusion des personnes handicapées. « Les démocraties s’érodent », a-t-il averti, pointant aussi le harcèlement des migrants et la stigmatisation des réfugiés et des communautés LGBTIQ+.
À la veille du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il a appelé à mettre fin à un conflit ayant fait plus de 15.000 morts civils, et a dénoncé la « répression violente » des manifestations en Iran ainsi que l’impasse croissante de la solution à deux États entre Israéliens et Palestiniens, comme cela pourrait être le cas entre la Casamance et le Sénégal mais aussi entre le Maroc et le Sahara Occidental.
Cathy Manga
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