République de Centrafrique : Touadéra remporte un troisième mandat avec plus de 76 % des voix, selon des résultats provisoires
Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a remporté un troisième mandat à l’issue de l’élection présidentielle organisée le mois dernier, selon les résultats provisoires publiés lundi par l’Autorité nationale des élections.
Touadéra a obtenu 76,15 % des suffrages exprimés, d’après ces résultats. Élu une première fois en 2016, il avait été reconduit en 2020 dès le premier tour avec 53,16 % des voix.
La voie à un nouveau mandat avait été ouverte par le référendum constitutionnel de 2023, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et porté leur durée de cinq à sept ans. Cette réforme a permis au chef de l’État, âgé de 68 ans, de se représenter.
Ancien professeur de mathématiques, Faustin-Archange Touadéra a centré sa campagne sur les progrès en matière de sécurité. Il a attribué la reconquête de territoires auparavant contrôlés par des groupes rebelles et la signature récente d’accords de paix à ses alliances avec des contractants de sécurité russes issus de la restructuration du groupe Wagner, ainsi qu’avec les forces rwandaises déployées dans le pays.
Ces partenariats ont renforcé l’influence de Moscou en République centrafricaine, un pays riche en ressources minières. La Russie y a notamment obtenu un accès à l’or, aux diamants, au lithium et à l’uranium.
La journée de vote s’est globalement déroulée dans le calme, selon des observateurs internationaux, dont l’Union africaine et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), malgré une insécurité persistante dans certaines zones de l’est du pays.
La principale coalition d’opposition, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a toutefois boycotté le scrutin, le jugeant inéquitable. Des candidats de l’opposition ayant pris part à l’élection, dont l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé et l’ex-chef du gouvernement Henri-Marie Dondra, ont accusé les autorités d’avoir imposé des restrictions à la campagne, notamment en limitant les déplacements en province.
La Cour constitutionnelle dispose d’un délai allant jusqu’au 20 janvier pour valider les résultats définitifs ou statuer sur d’éventuels recours. Des responsables de l’opposition ont évoqué des soupçons de fraude, bien qu’aucun trouble postélectoral majeur n’ait été signalé à ce stade.
Ce nouveau mandat consolide le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra dans l’un des pays les plus pauvres du monde, tout en ravivant les inquiétudes sur le recul démocratique et l’influence étrangère dans un contexte de paix encore fragile.
Saliou Cissé
