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Sénégal : Le Parlement adopte une loi durcissant les peines contre l’homosexualité

Sénégal : Le Parlement adopte une loi durcissant les peines contre l’homosexualité

Le Parlement sénégalais a adopté mercredi une loi renforçant la répression de l’homosexualité, doublant les peines de prison prévues pour les relations entre personnes de même sexe, dans un contexte de tensions croissantes autour de cette question dans le pays d’Afrique de l’Ouest.

Le texte, approuvé par l’Assemblée nationale le 11 mars, prévoit désormais des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement pour les relations homosexuelles, contre une à cinq années auparavant selon la législation existante. La loi doit encore être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye pour entrer en vigueur.

La nouvelle législation introduit également des sanctions pénales visant la promotion et le financement d’activités liées à l’homosexualité. Les amendes ont été fortement relevées, pouvant désormais atteindre entre 2 et 10 millions de francs CFA (environ 3 000 à 15 000 euros), contre 100 000 à 1,5 million de francs CFA auparavant.

Selon les dispositions adoptées, la peine maximale pourra être appliquée lorsque l’acte concerne un mineur.

Le texte inclut aussi une mesure visant à limiter les accusations abusives. Toute personne dénonçant « de mauvaise foi » quelqu’un pour homosexualité pourra désormais être poursuivie en justice, une disposition présentée par les législateurs comme un moyen d’éviter les dénonciations infondées.

La question de l’homosexualité a pris une place centrale dans le débat public ces dernières semaines au Sénégal. Les tensions se sont accentuées après l’arrestation début février de douze hommes accusés d’« actes contre nature », une expression utilisée dans la législation sénégalaise pour désigner les relations entre personnes de même sexe.

Plusieurs dizaines de personnes ont depuis été interpellées dans le pays, certaines étant également accusées d’avoir transmis volontairement le VIH.

Plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé ces arrestations et appelé à la libération des personnes détenues, estimant que la nouvelle loi risque d’accroître la stigmatisation et les poursuites contre les minorités sexuelles.

Dans ce pays majoritairement musulman, l’homosexualité reste largement considérée comme une déviance sociale, et son durcissement pénal est depuis longtemps réclamé par des organisations religieuses influentes.

Balanta Mané

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