Suisse : Incendie meurtrier à Crans-Montana fait plus de 40 morts
Au lendemain de l’incendie meurtrier qui a ravagé un bar de Crans-Montana lors des festivités du Nouvel An, les autorités suisses tentaient vendredi d’établir l’origine du sinistre, qui a fait une quarantaine de morts et 115 blessés, dont une majorité dans un état grave.
Le feu s’est déclaré dans la nuit de la Saint-Sylvestre au bar Le Constellation, bondé au moment des faits. Selon les premiers éléments de l’enquête et des témoignages recueillis sur place, l’incendie aurait été suivi d’une explosion, provoquant un embrasement généralisé des locaux et une propagation extrêmement rapide des flammes.
Une instruction pénale a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame. Les enquêteurs s’orientent notamment vers la piste de bougies pyrotechniques, qui pourraient être à l’origine du sinistre. L’identification des victimes est toujours en cours; parmi les personnes décédées figurerait un jeune golfeur italien, selon des sources concordantes.
Les autorités valaisannes doivent tenir une conférence de presse vendredi à 15h00 à Sion. Une ligne d’assistance téléphonique a par ailleurs été mise en place pour les familles et les proches des victimes.
Sur le plan international, les réactions de solidarité se sont multipliées. Le pape Léon XIV a exprimé “sa compassion et sa sollicitude” à l’égard des familles endeuillées, a indiqué le Vatican. Dans un message transmis par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, à l’évêque de Sion, Jean-Marie Lovey, le souverain pontife dit prier pour que “le Seigneur accueille les défunts dans sa demeure de paix et de lumière” et soutienne ceux qui souffrent “dans leur cœur ou dans leur corps”.
En Suisse, l’avocat bernois Rolf Steinegger a appelé la Confédération à créer un pool d’aide destiné aux victimes et à leurs proches, afin de leur garantir un soutien financier rapide et “non bureaucratique”. Il plaide également pour la mise en place d’une task force fédérale spécialisée dans la gestion de sinistres de grande ampleur, en s’inspirant de l’accord dit “de Louxor” adopté en 1998 pour accélérer l’indemnisation des victimes d’un attentat et éviter de longues procédures judiciaires.
Plusieurs pays européens se sont dits prêts à accueillir des blessés. La Pologne a annoncé pouvoir prendre en charge jusqu’à quatorze patients, à la demande des autorités suisses. En France, trois blessés ont déjà été admis dans des hôpitaux à Lyon et à Paris, tandis que le ministère français de la Santé a mis à disposition 19 lits supplémentaires, dont quatre pédiatriques.
En signe de deuil et de solidarité, le Conseil d’Etat vaudois a décidé de mettre les drapeaux en berne sur l’ensemble du canton pendant cinq jours, à partir de vendredi, invitant les communes à suivre le mouvement. La Confédération a pris une mesure similaire sur le Palais fédéral à Berne.
Alors que l’émotion reste vive dans le pays, les autorités ont assuré que toute la lumière serait faite sur les causes de cette catastrophe, l’une des plus meurtrières survenues en Suisse ces dernières décennies.
Ibou Camara
