Guerre au Moyen-Orient : L’Iran menace de bloquer les exportations pétrolières alors que la guerre fait grimper les marchés
L’Iran a promis mardi d’empêcher toute exportation de pétrole depuis le Moyen-Orient « jusqu’à nouvel ordre », intensifiant la pression sur les marchés énergétiques mondiaux alors que la guerre régionale déclenchée fin février se poursuit.
« Les forces armées iraniennes n’autoriseront pas l’exportation d’un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires », a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole du corps des Gardiens de la révolution, selon l’agence de presse Tasnim.
Téhéran a indiqué qu’il pourrait utiliser son contrôle sur le stratégique détroit d’Ormuz pour mettre en œuvre cette menace. Environ 20 % du pétrole brut mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié transitent par ce passage maritime reliant le golfe Persique à l’océan Indien.
Depuis le 28 février, le trafic dans ce détroit est fortement perturbé, alimentant une flambée des cours de l’énergie. Le prix du baril de pétrole a frôlé les 120 dollars dans la nuit de dimanche à lundi avant de reculer légèrement, tandis que les marchés boursiers européens ont initialement chuté sous l’effet des inquiétudes liées à l’approvisionnement énergétique.
Le président américain Donald Trump a toutefois affirmé lundi que la guerre était « quasiment terminée », estimant que l’Iran ne disposait plus de « marine », de « communications » ni de « force aérienne ». Les Gardiens de la révolution ont immédiatement rejeté ces déclarations, affirmant que l’Iran « décidera de la fin de la guerre ».
L’escalade intervient dix jours après la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes attribuées aux États-Unis et à Israël. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été désigné dimanche pour lui succéder à la tête de la République islamique.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. Israel a mené de nouvelles frappes dans la banlieue sud de Beirut, bastion du mouvement Hezbollah, tandis que des explosions ont été signalées à Tehran.
Les tensions se sont également étendues à plusieurs pays du Golfe. Les United Arab Emirates ont indiqué avoir été visés par des drones et missiles iraniens, tandis que le Kuwait et l’Saudi Arabia ont affirmé avoir intercepté des drones.
Malgré ces développements, les marchés ont légèrement rebondi mardi, les investisseurs restants attentifs à toute indication d’une possible désescalade dans ce conflit qui secoue l’ensemble du Moyen-Orient et les marchés mondiaux de l’énergie.
Ibou Camara
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