Sahel : Les ONG prises en étau entre militaires et jihadistes
Au Sahel, les organisations humanitaires sont confrontées à une double pression : celle des régimes militaires en place au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et celle des groupes jihadistes actifs dans la région. Accusées tantôt d’espionnage, tantôt de soutien aux terroristes, elles voient leurs conditions d’intervention se durcir.
Depuis l’arrivée des juntes au pouvoir, plusieurs ONG internationales ont vu leurs autorisations suspendues ou retirées. À titre d’exemple, 21 organisations ont été interdites au Burkina Faso entre juin et juillet 2024. Le Mali a exclu celles financées par la France et envisage de ponctionner une partie de leurs budgets. Le Niger impose désormais un alignement strict des projets humanitaires sur ses priorités sécuritaires et économiques.
Sur le terrain, l’insécurité complique fortement les opérations. En 2024, au moins 26 travailleurs humanitaires ont été tués dans la région, selon les Nations unies. Face aux menaces, de nombreuses ONG privilégient désormais des opérations limitées, avec un recours accru au personnel local.
Symboles d’une influence étrangère contestée, les ONG sont également ciblées par les groupes jihadistes qui refusent leur présence dans certaines zones, à moins qu’elles n’adaptent leurs activités à leurs exigences idéologiques.
Dans un contexte où plus de 29 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, les possibilités d’action se réduisent, alors même que les besoins ne cessent de croître.
Maléguène
