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Japon : Hiroshima 80 ans après, la mémoire atomique hante la paix mondiale

Japon : Hiroshima 80 ans après, la mémoire atomique hante la paix mondiale

Le Japon commémore demain mercredi le largage, il y a 80 ans, de la bombe atomique sur Hiroshima, une cérémonie réunissant un nombre record de pays sur fond d’appels à abandonner l’arme nucléaire dans un monde marqué par la guerre en Ukraine et la crise au Proche-Orient. Sous un ciel d’été semblable à celui d’il y a quatre-vingts ans, la ville marquera les horreurs de la première bombe atomique de l’Histoire, un événement qui coûta la vie à environ 140 000 personnes et précipita la fin de la Seconde Guerre mondiale. Trois jours plus tard, Nagasaki subissait le même sort.

Cette année, la commémoration revêtira une dimension particulière. Un nombre sans précédent de 120 pays et régions, ainsi que l’Union européenne, seront représentés. Une présence massive qui résonne dans un monde secoué par la guerre en Ukraine, et les tensions au Proche-Orient et en Afrique. « Il est important que de nombreuses personnes se rassemblent dans cette ville frappée par la bombe atomique, car les guerres continuent« , souligne Toshiyuki Mimaki, coprésident de Nihon Hidankyo, une association de survivants (« hibakusha« ) récemment honorée du prix Nobel de la paix.

Un appel urgent porté par les survivants

Au cœur des cérémonies, la voix des hibakusha, dont l’âge moyen atteint désormais 86 ans, reste centrale mais fragile. Ils continuent de porter un message universel : « Éliminez les armes nucléaires« . Kunihiko Sakuma, survivant qui avait neuf mois en 1945, garde espoir : « La jeune génération travaille dur pour un monde sans armes nucléaires« . Il plaidera auprès du Premier ministre japonais pour l’adhésion au traité d’interdiction des armes nucléaires de 2017, un pas que Tokyo refuse, invoquant le nécessaire engagement des puissances nucléaires.

Présences et absences notables

La cérémonie verra des participations symboliques : Taïwan et la Palestine, bien que non officiellement reconnues par le Japon, seront présentes pour la première fois. La France sera représentée par son numéro deux d’ambassade, tandis que des absences marquent aussi le paysage géopolitique : Russie, Chine et Pakistan ne sont pas là. Moscou, cependant, devrait être présente samedi à Nagasaki, une première depuis le début de la guerre en Ukraine. L’Iran, souvent pointé du doigt sur les questions nucléaires, sera représenté.

Le Dôme, témoin silencieux

En toile de fond des discours, le Dôme de Genbaku, ruine préservée surmontée d’une carcasse métallique, se dresse toujours au centre de la métropole vibrante de 1,2 million d’habitants qu’est devenue Hiroshima. Un rappel physique poignant de l’horreur. Le maire Kazumi Matsui a récemment exprimé son inquiétude face aux dirigeants qui « veulent renforcer leur puissance militaire pour résoudre les conflits« , rendant la paix mondiale « difficile« .

Alors que les cloches sonneront à 08h15, l’heure précise du cataclysme, le message d’Hiroshima reste un appel lancinant à la conscience du monde : visiter le Mémorial, comprendre l’indicible, et œuvrer, inlassablement, pour que plus jamais une arme nucléaire ne soit utilisée. Le chemin vers cette paix semble, 80 ans plus tard, toujours aussi long et semé d’embûches.

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