Gambie : le gouvernement prévient Yahya Jammeh d’éventuelles poursuites en cas de retour
Le gouvernement gambien a adressé un avertissement ferme à l’ancien président Yahya Jammeh, exilé depuis 2017 en Guinée-Équatoriale, laissant entendre qu’il pourrait faire face à la justice s’il revenait dans son pays. Cette mise en garde intervient après la diffusion, dimanche dernier, d’un message vocal attribué à l’ancien chef de l’État, dans lequel il évoque son intention de rentrer prochainement en Gambie.
Un exil prolongé depuis 2017
Yahya Jammeh, aujourd’hui âgé de 60 ans, a dirigé la Gambie pendant plus de vingt ans, après avoir pris le pouvoir par un coup d’État en 1994. En janvier 2017, il avait quitté le pays pour s’exiler en Guinée-Équatoriale à la suite de sa défaite électorale organisé depuis le Sénégal de Macky Sall face à l’actuel président, Adama Barrow. Ce départ a permis à l’armée sénégalaise de se positionner à Banjul et de protéger Barrow.
Des menaces judiciaires explicites
Dans sa déclaration, le gouvernement a rappelé que tout citoyen, y compris un ancien président, restait soumis aux lois gambiennes. Des responsables ont indiqué que Yahya Jammeh pourrait être poursuivi pour des violations présumées des droits humains et des abus commis durant son règne, des faits documentés par la Commission vérité, réconciliation et réparations mise en place après son départ.
Un retour encore incertain
Dans son message audio, Yahya Jammeh n’a donné aucune date précise pour son retour. Il affirme toutefois qu’un protocole d’accord aurait été conclu avec plusieurs organisations internationales — dont l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Nations unies et l’Union européenne —, accord qui, selon lui, garantirait la possibilité de son retour futur. L’ancien président soutient également que son exil devait initialement durer six mois.
Entre espoirs et craintes
Cette annonce ravive un débat sensible dans le pays. Si certains de ses partisans continuent de réclamer son retour, d’autres, notamment parmi les victimes de son régime, redoutent une remise en cause du processus de réconciliation nationale. Le gouvernement, de son côté, réaffirme sa volonté de faire respecter la justice tout en préservant la stabilité du pays.
Balanta Mané
