Niger : L’uranium nigérien désormais sur le marché international
Le régime militaire nigérien a annoncé dimanche qu’il mettrait désormais sur le marché international l’uranium extrait par la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), quelques mois après la nationalisation de cette filiale du groupe français Orano.
La Somaïr, contrôlée à 63,4% par Orano avant sa prise de contrôle par l’État nigérien en juin, est au cœur du bras de fer opposant Niamey au groupe public français, dans un contexte de dégradation des relations entre la junte et Paris depuis le coup d’État de juillet 2023.
Selon la télévision publique Télé Sahel, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a déclaré que « le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », affirmant le « droit légitime » du pays de vendre ses ressources « à qui souhaite acheter, dans les règles du marché ».
Les autorités nigériennes, qui multiplient les signaux d’ouverture vers de nouveaux partenaires tels que la Russie ou l’Iran, affirment vouloir exercer un contrôle total sur un secteur stratégique. Moscou avait indiqué en juillet son intérêt pour l’exploitation de l’uranium nigérien.
En décembre 2024, Orano avait reconnu avoir perdu le contrôle opérationnel de ses trois entités dans le pays : la Somaïr, la Cominak – fermée depuis 2021 – et le gisement d’Imouraren, l’un des plus importants au monde avec quelque 200 000 tonnes de réserves estimées. Niamey avait retiré à Orano le permis d’exploitation d’Imouraren avant de nationaliser la Somaïr.
Le groupe français, détenu à plus de 90% par l’État, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international. Fin septembre, Orano avait annoncé qu’un tribunal avait ordonné au Niger de s’abstenir de vendre l’uranium produit par la Somaïr, évalué à environ 1 300 tonnes de concentré pour une valeur marchande estimée à 250 millions d’euros.
Niamey n’a pas réagi publiquement à cette décision.
Saliou Cissé
