Afrique : La flambée du kérosène, liée au conflit au Moyen-Orient, fragilise le transport aérien
L’onde de choc du conflit au Moyen-Orient se propage à l’économie mondiale, affectant particulièrement le secteur aérien, confronté à une hausse des prix du kérosène qui menace d’alourdir la facture pour les voyageurs, notamment en Afrique.
Selon l’agence S&P Global, environ 70 % du kérosène importé en Afrique transite habituellement par le stratégique détroit d’Ormuz. Le blocage de cette voie essentielle perturbe désormais les chaînes d’approvisionnement, obligeant les négociants à trouver des alternatives plus coûteuses.
« Les raffineries saoudiennes ont joué un rôle clé dans l’approvisionnement, surtout en Afrique australe », explique Verner Ayukegba, vice-président de la Chambre africaine de l’énergie, citant des hausses de prix déjà observées au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Les régions enclavées, notamment au Sahel, sont particulièrement vulnérables en raison du manque d’infrastructures de stockage. « La plupart des pays ont entre un et trois mois de réserves stratégiques. Si la situation dure, il y aura des pénuries », prévient-il.
Le secteur aérien africain apparaît plus exposé que ses homologues internationaux. Le carburant représente entre 40 % et 50 % des coûts d’exploitation des compagnies du continent, contre 25 % à 30 % en Europe et aux États-Unis, selon Abderahmane Berthé, secrétaire général de l’African Airlines Association.
Cette pression accrue sur les coûts, combinée à des finances déjà fragiles, devrait entraîner une hausse des prix des billets d’avion. « Toute augmentation peut affecter le trafic, car les compagnies pourraient réduire les fréquences ou supprimer certaines routes », ajoute-t-il, soulignant le risque d’aggraver les problèmes de connectivité déjà existants sur le continent.
Les liaisons à faible trafic, où les marges sont les plus limitées, devraient être les premières touchées, tandis que l’ampleur de la hausse des prix reste, à ce stade, difficile à évaluer.
Saliou Cissé
