Burkina Faso : Adoption d’une loi qui pénalise l’homosexualité
Le Burkina Faso a adopté, lundi, une loi prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les «auteurs de pratiques homosexuelles». Jusqu’à présent, aucune loi ne visait particulièrement les personnes homosexuelles au Burkina Faso, qui vivent toutefois discrètement dans le pays.
Le projet de loi a été adopté à l’unanimité par les 71 membres non élus de l’Assemblée législative de transition (ALT), qui fait office de Parlement depuis la prise de pouvoir de la junte, il y a près de trois ans.
«La loi prévoit une peine d’emprisonnement qui va de deux à cinq ans et des peines d’amende», a déclaré le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, dans un reportage diffusé sur la télévision nationale du Burkina (RTB). Il a précisé que pour les ressortissants étrangers, la peine serait une expulsion du pays.
La pénalisation de l’homosexualité s’inscrit dans une loi plus large réformant le Code des personnes et des familles. Ce nouveau Code modifie également les conditions d’octroi de la nationalité burkinabè via le mariage, imposant désormais aux étrangers un délai de cinq à sept ans avant de pouvoir l’obtenir. Les mariages religieux et coutumiers sont également désormais reconnus légalement. Ce nouveau Code doit être promulgué par le capitaine Traoré et sera «vulgarisé à travers une campagne de sensibilisation», selon le garde des Sceaux.
En août 2023, le Conseil supérieur de la communication, l’organe régulant les médias, avait décidé «d’interdire de diffusion les chaînes de télévision faisant la promotion de l’homosexualité».
Maléguène
