France / Afrique : Vers la restitution des œuvres coloniales, un vote unanime à l’Assemblée
Les députés français ont adopté à l’unanimité, lundi 13 avril, un projet de loi visant à simplifier la restitution d’œuvres d’art acquises pendant la période coloniale, ouvrant la voie à une accélération des retours vers les pays d’origine.
Le texte prévoit d’autoriser ces restitutions par simple décret, rompant avec la procédure actuelle qui exige une loi spécifique pour chaque cas afin de déroger au principe d’inaliénabilité des collections publiques. Cette évolution pourrait considérablement raccourcir les délais et multiplier les restitutions.
Le projet doit encore être examiné par le Sénat, avant une éventuelle adoption définitive. S’il est validé, il pourrait entraîner une augmentation des demandes de restitution de la part de pays africains et d’autres anciennes colonies.
La France a déjà engagé des restitutions symboliques ces dernières années. En 2021, 26 œuvres majeures ont été rendues au Bénin, après avoir été conservées au musée du Quai Branly à Paris. Ces pièces comprenaient des statues royales, des trônes, des portes sculptées et des récades, sceptres associés au pouvoir des souverains.
Ces objets provenaient en grande partie du pillage du palais royal d’Abomey en 1892, lors de la conquête du royaume du Dahomey par les troupes françaises. L’opération militaire, menée par le général Alfred Amédée Dodds, s’était soldée par la défaite du roi Béhanzin et la saisie de nombreux trésors.
Ce projet de loi s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation du patrimoine colonial en Europe. Les autorités françaises espèrent ainsi établir un cadre plus souple, tout en répondant aux attentes croissantes des pays spoliés concernant la restitution de leur héritage culturel.
En Casamance, un espoir est né pour le retour des squelettes de rois et de reines mais des œuvres culturelles volés par la France coloniale.
Cathy Manga
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