Moyen-Orient : La proposition de paix de l’Iran et des Etats Unis
La proposition iranienne en 10 points pour un cessez-le-feu et un accord de paix a été transmise par Téhéran aux États-Unis (via des intermédiaires, notamment le Pakistan) début avril 2026, après le rejet d’une proposition américaine antérieure. Elle a été publiée par le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien et relayée par les médias d’État iraniens (Tasnim, télévision d’État, agence Mehr). Donald Trump l’a qualifiée de « base de négociation viable » le 8 avril 2026, dans le cadre d’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines lié à la réouverture du détroit d’Ormuz.
Voici la liste complète des 10 points telle que rapportée par les sources iraniennes et confirmée par plusieurs médias :
- Les États-Unis doivent s’engager à garantir, en principe, la non-agression (garantie américaine de non-agression).
- Le maintien du contrôle de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
- L’acceptation de l’enrichissement en uranium (poursuite du programme nucléaire iranien d’enrichissement).
- La levée de toutes les sanctions primaires (initiales) imposées à l’Iran.
- La levée de toutes les sanctions secondaires (contre les entités étrangères faisant des affaires avec l’Iran).
- L’abrogation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU visant l’Iran.
- L’abrogation de toutes les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) sur le programme nucléaire iranien.
- Le paiement de réparations (dommages de guerre) à l’Iran par les États-Unis.
- Le retrait des forces de combat américaines de la région (Moyen-Orient).
- La cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris la fin des hostilités israéliennes contre la « résistance islamique » au Liban (Hezbollah).
Ce plan vise un accord permanent (et non un simple cessez-le-feu temporaire) et servira de base aux négociations prévues à Islamabad (Pakistan) à partir du 10 avril 2026.
La proposition américaine en 15 points pour les négociations a été transmise à l’Iran fin mars 2026 (via le Pakistan et d’autres intermédiaires) avant le déclenchement ou l’escalade des hostilités. L’Iran l’a rejetée à l’époque, la jugeant « excessive » et insuffisante (elle ne prévoyait qu’un cessez-le-feu temporaire sans garanties permanentes ni réparations). La liste exacte et numérotée des 15 points n’a pas été rendue publique dans son intégralité par les autorités américaines ou israéliennes. Les médias (Al Jazeera, Wall Street Journal, Channel 12 israélienne, etc.) en ont cependant rapporté les principaux éléments, qui tournent autour des exigences traditionnelles de l’administration Trump sur le nucléaire, les missiles et l’influence régionale iranienne.
Voici les principaux points connus du plan américain (regroupés à partir des rapports concordants) :
- Un cessez-le-feu initial de 30 jours (ou un mois) pendant lequel les négociations sur un accord plus large se dérouleraient.
- Démantèlement et destruction des trois principaux sites nucléaires iraniens (Natanz, Ispahan/Isfahan et Fordow).
- Fin de tout enrichissement d’uranium sur le sol iranien et remise du stock d’uranium enrichi existant à l’AIEA.
- Engagement permanent de l’Iran à ne jamais développer d’armes nucléaires, avec un contrôle renforcé et une transparence totale de l’AIEA sur l’ensemble du programme nucléaire restant.
- Soutien américain (sous surveillance) au programme nucléaire civil iranien (ex. : aide pour la centrale de Bushehr).
- Limites strictes sur la portée, le nombre et le développement des missiles balistiques iraniens.
- Arrêt du soutien iranien aux groupes proxies régionaux (financement, armement et direction des milices au Moyen-Orient, y compris au Liban, en Irak, au Yémen, etc.).
- Fin des frappes iraniennes sur les installations énergétiques régionales.
- Réouverture complète, immédiate et sécurisée du détroit d’Ormuz (garanties pour la navigation).
- Levée des sanctions liées au nucléaire en échange des concessions iraniennes, avec fin du mécanisme de « snapback » (réimposition automatique) des sanctions de l’ONU.
- à 15. Autres éléments probables (non exhaustifs) : garanties de sécurité pour le transport maritime, mécanismes de vérification et de suivi, et possible coopération civile dans le domaine nucléaire.
Ce plan américain reflétait largement les exigences antérieures de l’administration Trump avant le conflit (déclenché fin février 2026). L’Iran l’a considéré comme une « déclaration de capitulation » et y a répondu par sa propre proposition en 10 points, jugée plus équilibrée par Téhéran.
Ces négociations d’Islamabad ne sont pas seulement un bras de fer entre Washington et Téhéran : c’est un test pour le multilatéralisme au XXIe siècle. L’Afrique, qui n’a pas de siège permanent au Conseil de sécurité mais subit les chocs pétroliers et sécuritaires, a tout intérêt à ce que l’Union africaine et l’Union européenne poussent pour un accord équilibré qui préserve la souveraineté iranienne tout en garantissant la sécurité énergétique mondiale.
Pour l’instant, le cessez-le-feu tient… mais à un fil. Je suivrai heure par heure les pourparlers d’Islamabad. L’espoir est permis, mais la prudence s’impose : dans ce genre de dossier, ce sont souvent les plus faibles (nous, les peuples du Sud) qui paient le prix fort quand les puissants échouent. Paix et stabilité au Moyen-Orient, c’est aussi paix et pain sur la table en Afrique.
ARDiallo
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