Liban : Plus de 182 morts dans des frappes israéliennes sans précédent sur Beyrouth
Des frappes israéliennes d’une intensité inédite ont ravagé mercredi la capitale libanaise et plusieurs régions du pays, faisant au moins 182 morts et 890 blessés, selon le ministère libanais de la Santé, dans une escalade majeure du conflit régional qui compromet les espoirs d’apaisement au Moyen-Orient.
Les bombardements, qui ont visé le cœur de Beyrouth à une heure de forte affluence, ont provoqué des scènes de chaos dans la capitale. Des immeubles en flammes, des voitures calcinées et des rues jonchées de débris ont été observés par des journalistes sur place, tandis que des ambulances tentaient de se frayer un passage à travers les quartiers touchés.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a décrété une journée de deuil national jeudi, appelant la communauté internationale à intervenir pour mettre fin aux frappes. “Tous les amis du Liban sont appelés à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens”, a-t-il déclaré dans un communiqué.
L’armée israélienne a affirmé avoir mené sa “plus grande frappe coordonnée” contre le mouvement chiite Hezbollah depuis le début de la guerre régionale déclenchée le 28 février. Selon un communiqué militaire, une centaine de cibles, incluant des postes de commandement et des infrastructures militaires, ont été frappées simultanément en l’espace de dix minutes à travers le Liban.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a salué une “exécution parfaite” de l’opération, affirmant qu’elle visait “des centaines de terroristes” du Hezbollah.
Une nouvelle frappe en début de soirée a touché un quartier résidentiel de Beyrouth, provoquant l’effondrement partiel d’un immeuble. Des médias locaux ont rapporté qu’une jeune fille était restée coincée dans les étages supérieurs, illustrant l’ampleur du drame humain en cours.
Dans les hôpitaux de la capitale, la situation était critique. Devant l’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth, des ambulances arrivaient sans interruption, tandis que des proches de victimes attendaient dans une atmosphère de tension et de désespoir. L’établissement a lancé un appel urgent aux dons de sang.
“J’ai vu une frappe, c’était très fort, des enfants ont été tués, d’autres ont eu les bras coupés”, a témoigné un habitant de Beyrouth, décrivant une scène de destruction massive.
Le Comité international de la Croix-Rouge s’est dit “indigné par les morts et destructions dévastatrices”, appelant au respect du droit international humanitaire et à la protection des civils.
Ces frappes interviennent alors qu’une trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran avait été annoncée, mais celle-ci ne s’applique pas au Liban. Le président américain, Donald Trump, a confirmé que l’accord de cessez-le-feu avec Téhéran ne concernait pas le territoire libanais, rejoignant la position du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Du côté iranien, le président Massoud Pezeshkian a insisté sur le fait qu’un cessez-le-feu au Liban constituait une “condition essentielle” pour une désescalade durable. Lors d’un entretien avec le président français, Emmanuel Macron, il a souligné la nécessité d’inclure le Liban dans toute initiative diplomatique régionale.
La réaction internationale s’est intensifiée après que le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré avoir été témoin des frappes à proximité de l’ambassade lors d’une visite officielle. “Cela doit cesser. Le cessez-le-feu doit inclure le Liban”, a-t-il écrit sur le réseau X.
Les frappes ont également visé la plaine de la Békaa et le sud du Liban. L’armée libanaise a annoncé la fermeture d’un pont stratégique dans la région de Tyr, après avoir reçu des menaces israéliennes de le cibler. Cette infrastructure constitue un axe vital pour les déplacements civils, notamment pour les milliers de familles restées dans la zone malgré les appels à évacuer.
Le Hezbollah, qui n’avait plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis plusieurs heures, a affirmé être “en droit de riposter” à ces frappes, laissant craindre une nouvelle spirale de violence.
Depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah est entré dans le conflit en lançant une attaque contre Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 1.500 morts au Liban et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà profonde.
Alors que les efforts diplomatiques peinent à contenir l’escalade, la situation sur le terrain continue de se détériorer rapidement, faisant redouter un embrasement généralisé dans la région.
Ibou Camara
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