Monde / Moyen-Orient : Le pétrole bondit après l’annonce d’un blocus américain des ports iraniens
Les prix du pétrole ont bondi lundi après l’annonce par les États-Unis d’un blocus imminent des ports iraniens, une escalade majeure sur fond d’échec des négociations entre Washington et Téhéran visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Le brut a entamé la semaine en forte hausse, franchissant à nouveau le seuil symbolique des 100 dollars le baril. Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, progressait de plus de 7% tandis que le brut américain WTI gagnait plus de 8% vers 03h40 GMT, les investisseurs redoutant des perturbations de l’approvisionnement en hydrocarbures dans le Golfe.
Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche le lancement d’un « processus de blocus » visant les navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports iraniens, y compris dans le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que les navires ne desservant pas l’Iran pourraient continuer à circuler.
Cette décision intervient après plus de 20 heures de pourparlers à Islamabad, au Pakistan, qui n’ont pas permis d’aboutir à un accord. Les discussions visaient à mettre fin à un conflit régional qui dure depuis plus de six semaines et a fait plus de 6.000 morts, principalement en Iran et au Liban.
Washington accuse Téhéran de refuser de renoncer à ses ambitions nucléaires, ce que dément la République islamique. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, un accord était « à deux doigts » d’être conclu, mais a échoué en raison du « jusqu’au-boutisme américain ».
La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que son pays « ne cèdera à aucune menace », tandis que les Gardiens de la Révolution ont mis en garde contre des représailles. Le chef de la marine iranienne, Shahram Irani, a qualifié les menaces américaines de « ridicules ».
Le cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines, qui doit expirer le 22 avril, apparaît désormais fragilisé. Si le Pakistan a appelé à sa prolongation, ni Washington ni Téhéran n’ont confirmé leur engagement.
Sur le terrain, les violences se poursuivent. Au Liban, le Hezbollah a revendiqué des tirs de roquettes vers le nord d’Israël, tandis qu’une frappe israélienne a fait quatre morts dans le sud du pays, selon les autorités locales. Le conflit y a déjà causé plus de 2.000 décès.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que les opérations militaires se poursuivaient, y compris dans le sud du Liban, où l’armée israélienne maintient une présence. De son côté, le chef du gouvernement libanais, Nawaf Salam, a indiqué privilégier une solution diplomatique pour obtenir un retrait israélien.
Dans ce contexte de tensions accrues, les marchés restent suspendus à toute évolution susceptible d’aggraver les risques sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Cathy Manga
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