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Guinée : Arrestations et grosses craintes d’infiltration jihadiste dans une région aurifère de différents pays

Guinée : Arrestations et grosses craintes d’infiltration jihadiste dans une région aurifère de différents pays

Les autorités guinéennes ont procédé à plusieurs arrestations dans la région de Haute-Guinée, une zone aurifère stratégique proche du Mali, sur fond de craintes croissantes d’infiltration de groupes jihadistes dans le pays.

Selon un communiqué du parquet général de Conakry publié le 21 mars, ces interpellations, menées dans les localités de Siguiri, Mandiana et Kankan, remontent à avril 2025. Elles s’inscrivent dans un contexte de vigilance accrue dans cette région riche en ressources minières et frontalière du Mali.

L’annonce a ravivé les inquiétudes parmi les populations locales et les acteurs de la société civile. À Kankan, l’activiste Sékou Aïcha Cissé a évoqué « un sentiment de tristesse » face à l’arrestation de plus d’une dizaine de personnes, appelant à une prise de conscience collective. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la vigilance afin d’empêcher toute infiltration dans les communautés locales.

Les autorités religieuses ont également réagi, appelant à une mobilisation accrue tout en rejetant toute assimilation entre terrorisme et religion. Djiba Sidibé, coordinateur régional des associations islamiques pour la paix, a exhorté les autorités à faire preuve de transparence et à enquêter sur toute personne suspectée, indépendamment de son statut.

Pour les analystes, ces événements illustrent une menace régionale en expansion. Aliou Barry, directeur du Centre d’analyses et d’études stratégiques, souligne que la pression s’intensifie aux frontières de la Guinée, notamment avec le Mali et le Sénégal. Selon lui, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à des réseaux jihadistes sahéliens, chercherait à étendre son influence vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Cette menace se manifesterait par une « infiltration silencieuse » via des cellules dormantes, visant en priorité les zones d’orpaillage artisanal. Ces sites offriraient à la fois des sources de financement et un vivier de recrutement parmi les jeunes marginalisés, notamment à Siguiri et Mandiana.

Face à cette situation, les autorités guinéennes ont renforcé les dispositifs sécuritaires, notamment aux frontières, et intensifié les efforts de lutte contre le blanchiment d’argent. Une stratégie combinant répression judiciaire et contrôle des zones minières a été mise en place pour limiter les ressources des groupes armés.

Cependant, ces mesures restent insuffisantes, selon les experts. Aliou Barry appelle à une présence accrue de l’État, à travers une justice équitable, un meilleur accès aux services sociaux et un partage plus juste des revenus issus des ressources naturelles.

Au total, sur les onze personnes arrêtées, une seule est de nationalité guinéenne, les autres étant originaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso, soulignant la dimension transfrontalière du phénomène et la nécessité d’une coopération régionale renforcée.

Balanta Mané

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